Réglementation··24 min de lecture

Indice d'utilisation du sol (IUS, IBUS) : calcul, limites et potentiel de votre parcelle en Suisse romande

Pour savoir combien de m² de plancher vous pouvez encore construire, multipliez la surface du terrain par l'indice de votre zone et retirez la surface de plancher déjà construite. Dans le canton de Vaud et à Fribourg, chaque commune donne la valeur de l'indice dans son règlement ; en zone villas à Genève, la loi le fixe à 25 % du terrain.

Schéma : une parcelle de 1 000 m² en zone villas à Genève, indice de 25 %, soit 250 m² de surface de plancher répartis sur deux niveaux
Schéma d'illustration

Le rapport entre la surface de plancher d'un bâtiment et la surface de son terrain s'appelle l'indice d'utilisation du sol (IUS). La méthode de calcul est la même à Genève, dans le canton de Vaud et à Fribourg, et le calculateur de cette page l'applique aux trois cantons, sans vous demander vos coordonnées.

Le nom de l'indice et les surfaces comptées changent en revanche d'un canton à l'autre. Genève parle d'IUS et ne compte que le plancher hors sol. Le canton de Vaud a remplacé l'ancien coefficient d'utilisation du sol (CUS) par l'IUS, et le règlement communal y définit les surfaces comptées. Fribourg utilise l'indice brut d'utilisation du sol (IBUS), qui compte aussi le sous-sol.

IUS, CUS et IBUS : comparaison entre Genève, le canton de Vaud et Fribourg

Dans les trois cantons, l'indice divise la surface de plancher par celle du terrain. Chaque canton accorde aussi un bonus à un bâtiment performant en énergie : Genève selon le standard de haute ou de très haute performance énergétique (HPE, THPE), le canton de Vaud pour un bâtiment certifié Minergie, Fribourg selon la classe du certificat énergétique cantonal des bâtiments (CECB).

CantonNom de l'indiceSurfaces comptéesBonus pour un bâtiment performant
Genève (zone villas)IUSPlancher hors sol, murs compris27,5 % (HPE) ou 30 % (THPE) au lieu de 25 % ; dans le périmètre protégé des rives du lac, 22 % ou 24 % en pratique au lieu de 20 %
Canton de VaudIUS, ancien CUSSelon le règlement communal5 % de plus sur l'indice (Minergie ou équivalent)
FribourgIBUSTous les niveaux, sous-sol et murs compris10 % de plus (CECB : au moins B en rénovation, A en neuf)
Nom de l'indice, surfaces comptées et bonus énergétique dans chaque canton

Calculer le potentiel constructible latent de votre parcelle en quatre étapes

  1. Multipliez la surface de la parcelle par l'indice pour obtenir la surface de plancher autorisée. La surface de la parcelle figure sur l'extrait du registre foncier.
  2. Comptez le plancher de la maison existante selon les règles de votre canton : hors sol à Genève, sous-sol compris à Fribourg, selon le règlement communal dans le canton de Vaud.
  3. Soustrayez le plancher existant. La différence est la surface constructible restante, parfois appelée « IUS résiduel ».
  4. Vérifiez les autres règles de la zone, qui peuvent limiter votre projet plus fortement que l'indice : la hauteur maximale, les distances aux limites de propriété, la part du terrain que le bâtiment peut couvrir, la pleine terre (le sol laissé sans construction) à Genève et les places de stationnement.

À Fribourg, une parcelle de 900 m² avec un IBUS de 0,8 donne droit à 720 m² de plancher (900 × 0,8). Si votre maison a 120 m² hors sol et 60 m² de sous-sol, elle compte 180 m² pour l'IBUS : il vous reste 540 m² selon l'indice seul.

Pour l'IBUS, ces 540 m² sont des surfaces de plancher au sens de la norme suisse sur les surfaces des bâtiments (SIA 416). Ces surfaces comprennent toutes les pièces, y compris les locaux secondaires comme la buanderie, la cave ou le garage, ainsi que les escaliers, les locaux techniques et l'épaisseur des murs et des cloisons. La surface habitable, mesurée à l'intérieur des pièces, est donc plus petite. Si un plan ou une annonce parle de surface utile, il s'agit encore d'une autre mesure. Dans la même norme, la surface utile ne compte que les pièces et les locaux secondaires, sans les murs, les escaliers ni les locaux techniques. Pour estimer le budget, consultez notre article sur le coût de construction d'une maison au m².

Où trouver l'indice de votre zone : IUS, CUS ou IBUS

Le calculateur de cette page vous demande l'indice de votre zone, sauf à Genève, où la loi fixe le taux de la zone villas. Commencez par l'extrait du cadastre des restrictions de droit public à la propriété foncière (RDPPF). Ce registre officiel recense, parcelle par parcelle, les restrictions fixées par les autorités, comme la zone d'affectation. L'extrait, consultable en ligne, donne la zone de la parcelle et renvoie aux règles de cette zone, dont le règlement communal. Notre article sur le cadastre RDPPF explique comment le lire. Selon le canton, l'indice figure ensuite à ces endroits :

  • Genève : les taux de la zone villas figurent dans la loi sur les constructions et les installations diverses (LCI, art. 59). Dans le périmètre protégé des rives du lac, la loi sur la protection générale des rives du lac (LPRLac) abaisse le taux de base à 20 %. La carte du système d'information du territoire à Genève (SITG) montre la zone de votre parcelle. Hors de la zone villas (zone 5), la loi ne fixe pas ce taux et le calculateur ne s'applique pas.
  • Canton de Vaud : l'indice figure dans le règlement du plan d'affectation communal ; le guichet cartographique cantonal montre l'affectation de la parcelle. Certains règlements ne fixent qu'un coefficient d'occupation du sol (COS), qui limite la surface bâtie au sol. La surface de plancher dépend alors de ce COS, de la hauteur et des distances, et le calculateur ne s'applique pas. Un ancien règlement peut encore parler de CUS : sa valeur s'applique comme un IUS. Dans un plan récent, le type de zone d'habitation donne déjà une plage d'indice, présentée dans la partie consacrée au canton de Vaud.
  • Fribourg : l'IBUS figure dans le règlement communal d'urbanisme (RCU), joint au plan d'affectation des zones ; le portail cartographique du canton montre les zones. Si votre règlement indique encore un ancien IUS, la table de conversion de la loi, reproduite dans la partie consacrée à Fribourg, donne l'IBUS qui le remplace.

Une fois l'indice trouvé, le calculateur ci-dessous donne la surface de plancher autorisée, avec et sans bonus énergétique. Si vous indiquez le plancher de la maison existante, il donne aussi la surface encore disponible. Il accepte l'ancien CUS vaudois tel quel et convertit lui-même l'ancien IUS fribourgeois. À Genève, vous ne saisissez pas d'indice : l'outil applique le taux légal de la zone villas. Les secteurs de densification sont des secteurs de la zone villas que la commune a désignés pour y construire davantage. Si votre parcelle se trouve dans l'un d'eux, cochez la case prévue : le calculateur applique alors les taux plus élevés accordés aux maisons groupées ou mitoyennes, expliqués dans la partie consacrée à Genève.

À Genève, vous pouvez aussi utiliser le calculateur de notre page Genève, qui part de votre adresse. Il lit la parcelle, la zone et le registre des bâtiments du canton et de la Confédération pour remplir le calcul ; vous vérifiez ensuite les valeurs proposées.

La définition de chaque indice : IUS, CUS, IBUS et COS

IUS, CUS et IBUS mesurent tous trois la surface de plancher autorisée par m² de terrain ; ils diffèrent par les surfaces comptées.

L'indice d'utilisation du sol (IUS) divise la surface de plancher d'un bâtiment par la surface du terrain. Un IUS de 0,5 sur 1000 m² autorise 500 m² de plancher, sur un ou plusieurs niveaux.

Le coefficient d'occupation du sol (COS) divise la surface que le bâtiment couvre au sol par celle de la parcelle (définition de densite.ch). Une maison qui couvre 200 m² sur 1000 m² a un COS de 0,2, qu'elle ait un niveau ou cinq. À Fribourg, l'équivalent est l'indice d'occupation du sol (IOS) : il divise la surface couverte par le bâtiment par la surface de terrain en zone à bâtir. La surface couverte est mesurée au pied des façades, à la rencontre des murs et du terrain. Avec un IOS de 0,3, les bâtiments d'une parcelle de 800 m² peuvent couvrir 240 m².

À Genève, l'« indice de densité » est un autre chiffre, réservé aux zones de développement. Dans ces secteurs, le Conseil d'État approuve en règle générale un plan localisé de quartier avant d'autoriser les constructions. L'indice de densité y est calculé sans les routes ni les équipements publics, et il ne s'applique pas à la zone villas. La loi générale sur les zones de développement (LGZD, art. 2A) fixe un indice de densité minimal de 2,5 en zone de développement 2, de 1,8 en zone 3, de 1 en zone 4A et de 0,8 en zone 4B.

Fribourg parle d'IBUS parce que ce canton applique l'accord intercantonal harmonisant la terminologie dans le domaine des constructions (AIHC), en vigueur dans 17 cantons. Genève et le canton de Vaud n'y ont pas adhéré. Le commentaire officiel de l'accord explique ce choix : les anciens indices ne comptaient pas certaines surfaces, si bien que l'indice ne reflétait plus la taille réelle des constructions. L'IBUS compte donc toutes les surfaces. L'État de Fribourg publie le texte de l'accord, ses définitions, des schémas et un extrait de la norme SIA 416 sur sa page consacrée à l'accord.

Comment calculer l'IUS de votre parcelle : la formule et les surfaces comptées

IUS = Surface brute de plancher (SBP) ÷ Surface de terrain constructible

La surface brute de plancher comprend l'épaisseur des murs ; la surface de terrain constructible est la partie de la parcelle classée en zone à bâtir, sans la surface d'une éventuelle route qui la traverse. À Genève, la surface de terrain constructible est simplement celle de toute la parcelle (LCI, art. 59 al. 1).

Quelles surfaces comptent dans la surface brute de plancher (SBP) ?

Chaque canton fixe ses propres règles :

  • Genève : seul le plancher hors sol compte (LCI, art. 59 al. 2), sauf les constructions de peu d'importance (al. 7) : des annexes basses et non habitables de 50 m² au plus, comme un garage ou un abri de jardin. Le canton peut aussi exclure des combles de moins de 1,80 m de hauteur, des combles de peu d'importance, un petit garage intégré ou un jardin d'hiver léger (al. 3). La directive de l'office des autorisations de construire précise la règle des combles. Sous un toit en pente, la bande de moins de 1,80 m de haut qui longe le mur extérieur ne peut être exclue que si elle est large de plus d'un mètre. Large de 1,50 m, elle peut donc être exclue ; large de 80 cm, elle est comptée. Les combles de peu d'importance sont ceux dont la surface habitable est trop petite pour une chambre, soit moins de 9 m² environ.
  • Fribourg : tous les niveaux comptent, sous-sol, caves, garages et murs compris, sauf les surfaces de moins de 1,50 m de hauteur sous plafond.
  • Canton de Vaud : le règlement communal définit les surfaces. Selon le Tribunal cantonal, de nombreux règlements reprennent la définition de la « surface brute de plancher utile » établie autrefois par l'Institut pour l'aménagement local, régional et national de l'École polytechnique fédérale de Zurich (norme ORL). Cette définition compte tous les étages, au-dessus et au-dessous du sol, murs compris, sans les caves, les greniers, les buanderies, les locaux de chauffage ni les garages. La loi vaudoise sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATC, art. 84) permet aussi au règlement d'exclure les constructions souterraines ou semi-enterrées, si le profil du terrain change peu et que les voisins n'en subissent pas d'inconvénient.

Surface au sol et nombre de niveaux sur une parcelle vaudoise de 800 m²

Sur 800 m² avec un IUS de 0,6, le règlement autorise 480 m² de plancher : un bâtiment qui couvre 160 m² au sol peut avoir 3 niveaux complets (3 × 160 = 480 m²). Si le règlement admet 4 niveaux, la surface au sol doit descendre à 120 m² pour les construire tous.

Votre parcelle est-elle sous-exploitée ?

  1. Calculez l'indice déjà utilisé par votre maison : sa surface de plancher, comptée selon les règles de votre canton, divisée par celle de la parcelle. Si vous obtenez 0,15 alors que le règlement autorise 0,25, votre maison utilise 60 % de l'indice autorisé (0,15 ÷ 0,25) : il vous reste 40 %.
  2. Vérifiez l'indice de votre zone : dans la loi pour la zone villas genevoise, sinon dans le règlement communal.
  3. Vérifiez si votre commune révise son plan. Dans le canton de Vaud et à Fribourg, un nouveau plan d'affectation, mis à l'enquête publique, peut augmenter ou réduire votre indice. Si la révision relève l'indice, une maison qui utilisait déjà tout l'ancien indice peut gagner de la surface constructible : refaites alors le calcul du premier point avec le nouvel indice.
  4. Identifiez les bonus : standards HPE et THPE à Genève, Minergie dans le canton de Vaud, classe CECB à Fribourg.

Les règles de Genève, du canton de Vaud et de Fribourg

Canton de Genève : l'article 59 LCI et la densification des zones villas

En zone villas (zone 5), la loi limite la surface de plancher hors sol à 25 % de la parcelle, 27,5 % au standard HPE et 30 % au standard THPE. Ces taux valent aussi en rénovation ou en agrandissement si toute la maison atteint le standard (LCI, art. 59 al. 1). Sur un terrain de 1000 m², vous avez donc droit à 250 m², 275 m² ou 300 m² de plancher hors sol. Si votre maison en compte déjà 150 m², il vous reste 100 m² au taux de base de 25 %.

Dans le périmètre protégé des rives du lac, la limite est de 20 %, soit 200 m². L'office des autorisations de construire y admet 22 % en HPE et 24 % en THPE, soit 220 m² ou 240 m². Le sous-sol ne compte pas dans l'indice et a sa propre limite : 20 % de la parcelle, 22 % en HPE et 24 % en THPE (al. 9), sans dépasser la surface hors sol autorisée (al. 8). Le terrain naturel est le sol tel qu'il était avant les travaux. Un étage dont le plancher n'est abaissé que d'environ 30 cm sous ce terrain n'est pas un sous-sol : sa surface compte dans l'indice (arrêt ATA/97/2019 de la Cour de justice, cité par la directive cantonale).

La LCI fixe ce pourcentage, qu'elle appelle rapport des surfaces, seulement pour la zone 5. Dans les zones 1 à 4, la loi limite la construction par des gabarits de hauteur et des distances aux limites. Si le canton autorise une villa isolée en zone 4, cette villa suit les règles de la zone 5 (art. 30 al. 2). Dans la zone 5 elle-même, les secteurs de densification accrue ont des taux plus élevés. Le canton explique les conditions sur ge.ch. Le tableau ci-dessous reprend les taux de la loi et ceux de la directive de l'office des autorisations de construire (directive LCI 021-v8, modifiée le 30 août 2024) :

SituationVillas existantes sans standard HPEHPETHPE
Zone 5, hors périmètre protégé des rives du lac25 %27,5 %30 %
Zone 5, périmètre protégé des rives du lac20 %22 % selon l'office24 % selon l'office
Secteur de densification accrue, hors périmètre protégé des rives du lac, maisons groupées ou mitoyennes40 % selon la directive, 44 % selon la loi44 %48 %
Même cas, plus de 5000 m², accord de la commune50 % selon la directive, 55 % selon la loi55 %60 %
Zone villas genevoise : surface de plancher maximale, en % de la parcelle (LCI, art. 59 ; LPRLac, art. 3 ; directive LCI 021-v8)

Dans un secteur de densification, le canton peut autoriser plus que les 25 % de base pour des maisons groupées ou mitoyennes, sans y être obligé. Pour un projet neuf, la limite est alors de 44 % de la parcelle, soit 440 m² sur un terrain de 1000 m², et de 48 % au standard THPE, soit 480 m². Pour une parcelle ou un ensemble de parcelles contiguës de plus de 5000 m², la limite passe à 55 %, ou à 60 % au standard THPE (al. 4). La directive de l'office réserve 44 % et 55 % aux bâtiments au standard HPE. Un bâtiment neuf doit de toute façon atteindre ce standard : la loi genevoise sur l'énergie l'impose, sauf exception prévue par le règlement de cette loi (art. 15 al. 1 et 3).

Selon la directive, qui décrit la pratique du canton, des villas mitoyennes existantes qui n'atteignent pas le standard HPE ont aussi droit à une majoration, plus faible : 40 % de la parcelle au lieu de 44 %, ou 50 % au lieu de 55 % au-delà de 5000 m². Si vous agrandissez une telle villa, le canton n'admet 44 % que si toute la villa, agrandissement compris, atteint le standard HPE, et 48 % que si elle atteint le standard THPE. Un agrandissement seul au standard ne suffit pas.

Une villa isolée n'a pas droit à ces taux majorés, même au standard THPE : elle reste à 25 %, 27,5 % ou 30 % de la parcelle. Ces taux majorés ne s'appliquent pas non plus dans le périmètre protégé des rives du lac (LPRLac, art. 3 al. 1).

Le canton accorde ou refuse ces taux majorés après avoir consulté la commune et la commission d'architecture. Il ne les accorde que si deux conditions sont remplies, plus une troisième au-delà de 5000 m² :

  • la parcelle se trouve dans un secteur de densification accrue, désigné par le plan directeur communal approuvé par le Conseil d'État ; si la commune n'a désigné aucun secteur de ce type, le canton peut accorder ces taux par dérogation (al. 4bis) ;
  • le projet réunit, de façon adaptée au quartier, des maisons groupées ou mitoyennes, que la loi appelle habitat groupé et ordre contigu ;
  • si le projet porte sur une ou plusieurs parcelles contiguës totalisant plus de 5000 m², la commune donne aussi son accord par une délibération municipale.

Des maisons sont en ordre contigu si au moins deux d'entre elles sont réunies par un mur mitoyen ou par une construction de peu d'importance, et si chacune a son propre accès de plain-pied (art. 58 al. 2).

Sur 1200 m² dans un secteur de densification accrue, des maisons groupées au standard HPE peuvent atteindre 528 m² de plancher (1200 × 0,44), et 576 m² au standard THPE (1200 × 0,48). Une villa isolée au standard THPE reste limitée à 360 m² (1200 × 0,30).

Depuis la réforme du 28 novembre 2020, la loi exige aussi de garder une surface en pleine terre : un sol sans aucune construction, ni dessus ni dessous, et sans revêtement (al. 3bis). La loi ne fixe pas de pourcentage. Selon la directive de l'office des autorisations de construire, la commission d'architecture considère en règle générale qu'une pleine terre inférieure à 40 % de la parcelle ne suffit pas, et qu'au-delà de 60 % elle peut suffire. Entre 40 % et 60 %, la directive ne tranche pas.

Canton de Vaud : IUS et ancien CUS, types de zones, densités minimales et bonus Minergie

Selon le glossaire du plan directeur cantonal vaudois, le coefficient d'utilisation du sol (CUS) « a été remplacé par l'indice d'utilisation du sol (IUS) ». Si le règlement de votre commune écrit encore CUS, il s'agit du même indice, et votre projet doit le respecter pour obtenir le permis de construire.

Les plans d'affectation vaudois mis à l'enquête publique depuis le 1er juillet 2019 suivent la directive cantonale NORMAT 2. Chaque zone d'habitation y porte le nom de l'un de quatre types cantonaux, par exemple « zone d'habitation de faible densité 15 LAT ». La mention « 15 LAT » renvoie à l'article 15 de la loi fédérale sur l'aménagement du territoire (LAT), celui des zones à bâtir. La directive définit chaque type par une plage d'indice ; le règlement communal fixe la valeur exacte :

Type de zone d'habitationIndice d'utilisation du sol (IUS)
Très faible densité0,4 au plus
Faible densitéplus de 0,4 et jusqu'à 0,625
Moyenne densitéplus de 0,625 et jusqu'à 1,25
Forte densitéplus de 1,25
Canton de Vaud : plage d'indice selon le type de zone d'habitation (directive NORMAT 2, chapitre 13.1)

Depuis 2014, la LAT demande de densifier le territoire déjà bâti. Le canton de Vaud fixe donc une densité minimale pour toute zone d'habitation ou mixte créée ou modifiée. La fiche d'application cantonale exprime cette densité en habitants et emplois par hectare, soit le nombre de personnes qui habitent ou travaillent sur 10'000 m², et fixe ces minimums :

  • 80 habitants et emplois par hectare hors des centres, avec un IUS minimum de 0,4
  • 125 habitants et emplois par hectare dans les centres et les localités à densifier, avec un IUS minimum de 0,625
  • 250 habitants et emplois par hectare dans les sites stratégiques d'agglomération et de développement, avec un IUS minimum de 1,25

Le canton compte 50 m² de plancher par habitant : à ce ratio, 80 personnes sur un hectare occupent 4000 m² de plancher, ce qui correspond à l'IUS minimum de 0,4. Ces minimums visent les zones créées ou modifiées ; ils ne changent pas d'eux-mêmes l'indice des parcelles existantes. La fiche admet des densités plus basses pour préserver un ensemble bâti de valeur ou un espace vert, et interdit d'augmenter la densité hors du territoire urbanisé.

Le canton de Vaud accorde enfin un bonus de 5 % sur l'indice aux bâtiments neufs ou rénovés nettement plus performants que les normes (LATC, art. 97 al. 4) : un IUS de 0,60 devient 0,63. Le bonus vise un bâtiment certifié Minergie ou selon une norme équivalente reconnue par le canton (règlement d'application de la LATC, RLATC, art. 40d). Notre article sur les bonus de densification compare Genève et le canton de Vaud.

Canton de Fribourg : définition de l'IBUS, conversion de l'ancien IUS et bonus énergétique

Depuis le 1er janvier 2010, la loi fribourgeoise sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATeC) utilise l'IBUS de l'accord intercantonal. Cet indice divise la somme de toutes les surfaces de plancher, comptées selon la norme SIA 416, par la surface de la parcelle en zone à bâtir, sans les routes. Tous les niveaux comptent, murs, garages et caves compris ; le règlement d'exécution de la loi (ReLATeC, art. 80 al. 5) exclut seulement les surfaces de moins de 1,50 m de hauteur sous plafond.

Dans les zones d'habitation en ordre non contigu, où les bâtiments sont séparés, l'IBUS fixé par la commune ne peut pas être inférieur à 0,6 (art. 80 al. 1). La commune peut aussi ne fixer aucun IBUS dans ces zones si ses autres règles suffisent à encadrer la construction (al. 3). En ordre contigu, où les bâtiments sont accolés, aucun IBUS ne s'applique (al. 7) : les autres règles de la zone limitent alors la construction.

L'ancien IUS fribourgeois divisait la surface brute des niveaux utilisables pour l'habitation et les activités par la surface constructible du terrain. Cet indice ne comptait donc pas les surfaces utiles secondaires, comme l'a expliqué le Conseil d'État fribourgeois. Dans un logement, la norme SIA 416 range parmi ces surfaces les buanderies, les caves et greniers, les débarras et les garages. Lors du changement, la loi a converti les anciens indices avec une table (LATeC, annexe 1) : un IUS de 0,40 ou plus y est augmenté d'un tiers.

IUS de l'ancien règlement communalIBUS qui le remplace
0,250,50
0,300,50
0,350,50
0,400,53
0,450,60
0,500,67
0,600,80
0,650,87
0,700,93
0,751,00
0,801,07
0,851,13
Conversion de l'ancien IUS en IBUS (LATeC, annexe 1)

Cette table vaut pour les plans d'aménagement local (PAL) et les plans de détail approuvés avant 2010 et pas encore révisés par la commune. Leur règlement indique encore un IUS, que la table convertit en IBUS. Les anciens IUS de 0,25 à 0,35 ne suivent pas cette règle du tiers : depuis une modification adoptée le 7 février 2013 et en vigueur le 1er juillet 2013, la table leur attribue 0,50. Cette valeur reste inférieure au minimum de 0,6 que les communes doivent respecter quand elles révisent leur plan ; la table ne sert qu'en attendant cette révision.

Le règlement d'exécution accorde un bonus de 10 % sur l'IBUS fixé par le règlement communal d'urbanisme à une rénovation qui atteint au moins la classe B du CECB et à une construction neuve en classe A (ReLATeC, art. 80 al. 6, en vigueur depuis le 1er janvier 2015).

Le règlement cantonal permet aussi de transformer une maison dans son volume d'origine même si elle dépasse l'indice (art. 80 al. 4). Il faut pour cela que le bâtiment soit indiqué sur le plan d'affectation des zones de la commune et que la parcelle soit trop petite pour que la maison respecte l'indice. Les travaux doivent aussi tenir compte du caractère du lieu et respecter les autres règles de construction. Cette exception ne vaut plus si la parcelle est divisée : l'indice de la zone s'applique alors à la maison comme aux nouvelles constructions.

L'agrandissement d'une maison construite légalement et devenue non conforme peut aussi être autorisé, si la non-conformité n'est pas fondamentalement aggravée et qu'aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s'y oppose (LATeC, art. 69). La commune ou les propriétaires peuvent enfin établir, pour un secteur, un plan d'aménagement de détail (PAD) qui répartit la densité entre les parcelles de ce secteur autrement que le règlement de zone (LATeC, art. 65).

L'IUS dans un projet concret : surélévation, agrandissement ou construction neuve

Surélévation : avant de faire contrôler la structure, retirez de la surface permise par l'indice la surface déjà utilisée par la maison ; la différence est l'« IUS résiduel ». Sur 1000 m² avec un indice de 0,3, vous avez droit à 300 m² ; une maison de 135 m² par niveau, sur deux niveaux, en utilise déjà 270 m², soit 90 %. Il reste 30 m², moins d'un quart d'un étage de 135 m². Un architecte vérifie ce potentiel dès l'étude de faisabilité. Pour la suite du projet, lisez notre article sur la surélévation d'une maison.

Agrandissement : une extension au sol augmente la surface couverte et la surface de plancher ; elle doit donc respecter à la fois le COS et l'IUS (l'IOS et l'IBUS à Fribourg). Dans le canton de Vaud, une maison qui dépasse l'indice parce que le règlement a changé après sa construction peut être transformée dans son volume. La loi admet aussi un agrandissement, mais seulement si les travaux n'aggravent ni l'atteinte au règlement ni la gêne pour les voisins (LATC, art. 80). Or, pour le Tribunal cantonal, ajouter du plancher compté dans l'indice aggrave justement cette atteinte : un agrandissement de ce type doit donc en principe être refusé (arrêt AC.2021.0055 du 7 avril 2022). Le Tribunal a en revanche admis une transformation qui créait deux logements de plus tout en réduisant la surface de plancher comptée : l'indice du bâtiment passait d'environ 1,75 à 1,65 (arrêt AC.2023.0172 du 17 juin 2024). Nos réalisations figurent sur la page projets.

Construction neuve : un IUS de 0,4 sur 500 m² donne 200 m² de plancher, par exemple une maison de plain-pied de 200 m² ou deux niveaux de 100 m². La hauteur, les distances aux limites, l'indice d'occupation du sol et, à Genève, la pleine terre limitent ensuite la forme de la maison.

Pour une villa genevoise construite entre 1960 et 1985, nos estimations d'octobre 2026, à 30 % près et tout compris (travaux, honoraires, émoluments, imprévus et TVA), sont d'environ 320'000 CHF pour une extension de 30 m² de plain-pied, 530'000 CHF pour une surélévation de 70 m² sur une villa de plain-pied et 330'000 CHF pour aménager 40 m² de combles sous le toit existant, conservé. Le détail de ces cas types figure sur notre page consacrée à Genève. Ces montants ne valent pas tels quels pour le canton de Vaud ou Fribourg.

Densification et loi fédérale sur l'aménagement du territoire (LAT) : l'indice de votre zone peut-il changer ?

La révision de la LAT, en vigueur depuis le 1er mai 2014, demande de construire d'abord dans les zones déjà bâties. Les zones à bâtir doivent couvrir les besoins des 15 prochaines années, et les zones trop grandes doivent être réduites (art. 15).

Si la zone à bâtir de votre commune dépasse les besoins, la commune doit la réduire ; si elle densifie un quartier déjà bâti, elle peut relever l'indice en révisant son plan. L'indice de votre zone peut donc continuer à évoluer, dans les deux sens, et chaque nouveau plan d'affectation vaudois ou fribourgeois passe par une enquête publique où vous pouvez faire opposition.

Que se passe-t-il si votre projet dépasse l'indice autorisé sur votre parcelle ?

L'indice de votre zone fixe la surface de plancher maximale de votre parcelle. Un projet qui dépasse cette surface sans bonus ni dérogation est refusé au permis de construire. Pour une maison existante qui dépasse déjà l'indice, des transformations restent possibles aux conditions décrites plus haut (LATC, art. 80 ; ReLATeC, art. 80 al. 4 ; LATeC, art. 69).

En cas de doute sur le potentiel constructible de votre parcelle, un architecte vérifie l'indice, les bonus et les autres règles de votre zone lors d'une étude de faisabilité.

Questions fréquentes sur l'indice d'utilisation du sol (IUS et IBUS)

Qu'est-ce que l'indice d'utilisation du sol (IUS), et combien de m² puis-je construire avec un IUS de 0,4 ?

L'indice d'utilisation du sol (IUS) est le rapport entre la surface de plancher d'un bâtiment et la surface du terrain : un IUS de 0,4 sur une parcelle de 1000 m² autorise 400 m² de plancher, sur un ou plusieurs niveaux.

La surface de plancher comprend les murs et les escaliers : la surface habitable est plus petite. À Genève, la loi fixe en principe l'indice de la zone villas à 25 % de la parcelle (0,25), et à 20 % dans le périmètre protégé des rives du lac. Le canton de Vaud parle d'IUS, ou de coefficient d'utilisation du sol (CUS) dans les anciens règlements ; Fribourg utilise l'indice brut d'utilisation du sol (IBUS), qui compte aussi le sous-sol.

Comment calculer la surface que je peux encore construire sur une parcelle où se trouve déjà une maison ?

Multipliez la surface de la parcelle par l'indice d'utilisation du sol (IUS) de la zone, puis soustrayez le plancher de la maison existante, compté selon les règles du canton. La différence est la surface que vous pouvez encore construire, parfois appelée « IUS résiduel ».

  • Canton de Vaud : avec un IUS de 0,3, 800 m² × 0,3 = 240 m² autorisés ; une maison de 160 m² de plancher en laisse 80.
  • Fribourg : avec un indice brut d'utilisation du sol (IBUS) de 0,8, 900 m² × 0,8 = 720 m² ; une maison de 120 m² hors sol avec 60 m² de sous-sol compte 180 m² et en laisse 540.
  • Genève : en zone villas, 25 % de la parcelle, ou 20 % dans le périmètre protégé des rives du lac, en ne comptant que le plancher hors sol.

Vérifiez ensuite la hauteur, les distances aux limites et la surface au sol autorisée.

Qu'est-ce que l'IBUS, et en quoi diffère-t-il de l'IUS ?

L'indice brut d'utilisation du sol (IBUS) divise toutes les surfaces de plancher d'un bâtiment, sous-sol, garages et murs compris, par la surface du terrain en zone à bâtir, sauf les surfaces trop basses (moins de 1,50 m sous plafond à Fribourg). L'indice d'utilisation du sol (IUS) de Genève et du canton de Vaud peut exclure d'autres surfaces, comme le sous-sol à Genève : l'IBUS d'un bâtiment est donc en général plus élevé que son IUS.

L'IBUS vient de l'accord intercantonal harmonisant la terminologie dans le domaine des constructions (AIHC), adopté par 17 cantons dont Fribourg, le Valais, Neuchâtel, le Jura et Berne, sans Genève ni le canton de Vaud.

À Fribourg, le règlement de ma commune indique encore un IUS : quel IBUS s'applique à ma parcelle ?

À Fribourg, une table de la loi remplace l'ancien indice d'utilisation du sol (IUS) par un indice brut d'utilisation du sol (IBUS). Un IUS de 0,25, 0,30 ou 0,35 devient un IBUS de 0,50 ; à partir de 0,40, la table donne l'ancien IUS augmenté d'un tiers, arrondi.

Cette table (loi sur l'aménagement du territoire et les constructions, LATeC, annexe 1) vaut pour les plans d'aménagement local (PAL) et de détail (PAD) approuvés avant 2010 et pas encore révisés :

  • IUS de 0,40 : IBUS de 0,53
  • IUS de 0,50 : IBUS de 0,67
  • IUS de 0,60 : IBUS de 0,80
  • IUS de 0,80 : IBUS de 1,07

Pour un IUS absent de la table, comme 0,55, demandez la valeur à la commune. Une commune qui révise son plan ne peut pas fixer un IBUS inférieur à 0,6 dans une zone d'habitation aux bâtiments séparés ; elle peut aussi n'y fixer aucun indice si ses autres règles suffisent.

Dans le canton de Vaud, l'IUS et le CUS sont-ils la même chose, et qui fixe leur valeur ?

L'indice d'utilisation du sol (IUS) a remplacé le coefficient d'utilisation du sol (CUS), et le plan directeur cantonal vaudois les dit équivalents. Un ancien règlement communal qui parle de CUS fixe donc l'indice à respecter, et ce même règlement définit les surfaces à compter.

Dans le canton de Vaud, chaque commune fixe l'indice de chaque zone dans le règlement de son plan d'affectation ; certains règlements ne fixent qu'un coefficient d'occupation du sol (COS). Pour une zone d'habitation ou mixte créée ou modifiée, le canton exige un IUS minimum, sauf pour préserver un ensemble bâti de valeur ou un espace vert :

  • 0,4 hors des centres ;
  • 0,625 dans les centres et les localités à densifier ;
  • 1,25 dans les sites stratégiques d'agglomération.

Ces minimums ne changent pas d'eux-mêmes l'indice des parcelles existantes.

Comment trouver l'indice d'utilisation du sol (IUS ou IBUS) de ma parcelle ?

Consultez d'abord l'extrait du cadastre des restrictions de droit public à la propriété foncière (RDPPF), gratuit en ligne : il indique la zone de votre parcelle et les dispositions légales qui s'y appliquent. Cherchez ensuite la valeur de l'indice :

  • Genève : pour la zone villas (zone 5), le taux figure dans la loi sur les constructions et les installations diverses (LCI, art. 59) ; dans le périmètre protégé des rives du lac, la loi sur la protection générale des rives du lac le limite à 20 % ;
  • Canton de Vaud : l'indice d'utilisation du sol (IUS) figure dans le règlement du plan d'affectation de votre commune, qui peut aussi fixer seulement un coefficient d'occupation du sol (COS) ; dans un plan récent, le type de zone d'habitation (très faible, faible, moyenne ou forte densité) donne déjà une plage d'indice ;
  • Fribourg : l'indice brut d'utilisation du sol (IBUS) figure dans le règlement communal d'urbanisme (RCU), joint au plan d'affectation des zones ; un ancien règlement peut encore indiquer un IUS, à convertir.

Le sous-sol et les combles comptent-ils dans l'IUS ?

Le sous-sol ne compte pas dans l'indice d'utilisation du sol (IUS) à Genève, il compte dans l'indice brut d'utilisation du sol (IBUS) à Fribourg, et dans le canton de Vaud le règlement communal décide. Les combles comptent à Genève et à Fribourg, mais leurs parties les plus basses peuvent être exclues.

  • Genève : en zone villas, la surface du sous-sol est limitée à 20 % de la parcelle (22 % ou 24 % avec un standard énergétique élevé), et jamais plus que la surface hors sol autorisée. Sous les pentes du toit, le canton peut exclure de l'indice les parties de moins de 1,80 m de haut si elles s'avancent de plus d'un mètre depuis le mur extérieur ; une bande plus étroite reste comptée (directive cantonale). Des combles trop petits pour une chambre, soit moins de 9 m² environ, peuvent aussi être exclus.
  • Fribourg : tous les niveaux comptent, sauf les surfaces de moins de 1,50 m de hauteur sous plafond, par exemple le bas des combles.
  • Canton de Vaud : le règlement communal dit comment comptent les combles et peut exclure de l'indice les constructions souterraines ou semi-enterrées.

Quelle est la différence entre l'IUS et le coefficient d'occupation du sol (COS) ?

L'indice d'utilisation du sol (IUS) limite la surface de plancher de tous les niveaux ; le coefficient d'occupation du sol (COS) limite la surface que le bâtiment couvre au sol. Sur une parcelle de 1000 m², une maison de deux niveaux de 100 m² chacun a un COS de 0,1 et un IUS de 0,2.

À Fribourg, l'équivalent du COS est l'indice d'occupation du sol (IOS ; ReLATeC, art. 81), mesuré au pied des façades : avec un IOS de 0,25, les bâtiments d'une parcelle de 1000 m² couvrent au plus 250 m². Un règlement peut fixer les deux types d'indice pour une même zone : une extension au sol entre dans les deux calculs, une surélévation seulement dans celui de l'indice d'utilisation (IUS ou IBUS).

Une maison Minergie ou très performante en énergie a-t-elle droit à plus de surface de plancher ?

Genève, le canton de Vaud et Fribourg accordent un bonus de surface aux bâtiments de standard énergétique élevé.

  • Genève : en zone villas, 27,5 % de la parcelle au lieu de 25 % au standard de haute performance énergétique (HPE), 30 % au standard de très haute performance énergétique (THPE), aussi en rénovation ou agrandissement si toute la maison atteint le standard. Dans le périmètre protégé des rives du lac, ces taux sont en pratique de 22 % et 24 % au lieu de 20 %.
  • Canton de Vaud : 5 % de plus sur l'indice d'utilisation du sol (IUS) pour un bâtiment neuf ou rénové certifié Minergie ou équivalent (0,60 devient 0,63). L'isolation plus épaisse que les normes n'est pas comptée dans la surface de plancher.
  • Fribourg : 10 % de plus sur l'indice brut d'utilisation du sol (IBUS) pour une rénovation en classe B au moins du certificat énergétique cantonal des bâtiments (CECB), ou une construction neuve en classe A.

Un garage, un abri de jardin ou une véranda comptent-ils dans l'IUS ?

À Genève, une annexe de 50 m² au plus qui ne sert pas à l'habitation, comme un garage, un abri ou un couvert, ne compte pas dans l'indice d'utilisation du sol (IUS). À Fribourg, tout local fermé compte dans l'indice brut d'utilisation du sol (IBUS) dès 1,50 m de hauteur sous plafond.

  • Genève : chaque construction de peu d'importance mesure 50 m² au plus, et toutes ensemble ne doivent dépasser ni 100 m² ni 8 % de la parcelle. Leurs murs ne doivent pas dépasser 2,50 m de haut, et leur toit doit rester sous une pente de 30° partant du haut de ces murs, avec un faîte, le point le plus haut du toit, à 4,50 m au plus. Le canton peut aussi ne pas compter un petit garage intégré à la maison, ou une véranda de 20 m² au plus, entièrement vitrée, non chauffée, séparée de la maison par une porte-fenêtre et proportionnée à la maison.
  • Fribourg : garages, abris et vérandas fermés comptent ; un couvert ouvert ne compte pas.
  • Canton de Vaud : le règlement communal dit ce qui compte.

Dans le canton de Vaud ou à Fribourg, ma maison dépasse l'indice actuel de la zone : puis-je la transformer ou l'agrandir ?

Une maison qui dépasse l'indice d'utilisation du sol de sa zone peut être transformée dans son volume existant, sous conditions. Un agrandissement qui ajoute de la surface de plancher est en principe refusé dans le canton de Vaud ; à Fribourg, il peut être autorisé s'il n'aggrave pas fondamentalement le dépassement.

  • Canton de Vaud : les travaux sur une maison devenue non conforme après un changement de règlement ne doivent aggraver ni le non-respect du règlement ni la gêne pour les voisins. Selon le Tribunal cantonal, ajouter de la surface de plancher comptée dans l'indice aggrave ce non-respect (arrêt AC.2021.0055) ; un projet qui réduit le dépassement ne l'aggrave pas, même avec de nouveaux logements (arrêt AC.2023.0172).
  • Fribourg : l'agrandissement peut être autorisé si l'écart avec l'indice n'est pas fondamentalement aggravé et si aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s'y oppose (LATeC, art. 69). La transformation dans le volume d'origine peut dépasser l'indice sous conditions, notamment : la commune a signalé le bâtiment sur son plan d'affectation des zones, la parcelle est trop petite pour respecter l'indice et les travaux tiennent compte du caractère du lieu.

Puis-je utiliser les droits à bâtir d'une parcelle voisine pour construire plus sur la mienne ?

Un « report de droits à bâtir » permet en principe d'ajouter à votre parcelle la surface de plancher inutilisée d'une parcelle voisine de la même zone, avec une inscription au registre foncier. Le Tribunal fédéral l'admet même sans loi expresse, si la surface cédée ne peut plus servir à une autre construction.

  • Genève : le report est admis entre parcelles contiguës, qui ont une limite commune ; le voisin qui cède ses droits s'engage par écrit dans la procédure d'autorisation, et une mention est inscrite au registre foncier.
  • Fribourg : le report est admis sur un terrain contigu ou proche, situé dans la même zone ; la mention qui l'inscrit au registre foncier ne peut être radiée qu'avec l'accord du préfet, sur le préavis de la commune (LATeC, art. 131) ; le canton publie un formulaire de convention pour l'IBUS.
  • Canton de Vaud : aucune loi cantonale ne règle ce report. La jurisprudence l'admet entre parcelles de la même zone, même non contiguës, si la surface cédée est grevée d'une servitude de non-bâtir ou d'une mention au registre foncier (arrêt du Tribunal cantonal AC.2022.0309).

Peut-on augmenter ou dépasser l'indice d'utilisation du sol de sa parcelle ?

Dépasser l'indice de sa zone n'est en principe pas permis : un projet neuf qui le dépasse n'obtient pas de permis de construire. Il existe pourtant cinq façons de construire davantage :

  • un bonus énergétique, dans les trois cantons, pour un bâtiment qui atteint un standard reconnu ;
  • à Genève, la dérogation des secteurs de densification accrue pour des maisons groupées ou mitoyennes ;
  • une révision du plan communal qui relève l'indice de la zone ;
  • le report des droits à bâtir inutilisés d'un terrain voisin situé dans la même zone ;
  • à Fribourg, un plan d'aménagement de détail, qui répartit autrement la densité d'un secteur.

Les bonus de densification genevois et vaudois font l'objet d'un autre article.

Quel indice s'applique en Valais, à Neuchâtel ou dans le canton du Jura ?

Le Valais, Neuchâtel et le Jura appliquent l'accord intercantonal : ils utilisent l'indice brut d'utilisation du sol (IBUS), qui compte toutes les surfaces de plancher. Le Valais exclut les surfaces de moins de 1,80 m sous plafond (loi sur les constructions, art. 27) ; Neuchâtel (règlement d'exécution, art. 16) et le Jura (ordonnance, art. 78) excluent celles de moins de 1,50 m.

Tant que le règlement communal n'est pas adapté, le Valais multiplie l'ancien indice par 1,333 pour obtenir l'IBUS (0,40 devient 0,53), et un ancien indice de 0,35 ou moins devient 0,5. Le Jura convertit l'ancien indice avec une table de sa loi, et Neuchâtel applique encore l'ancien indice. Le règlement de votre commune donne la valeur de votre zone.