RésidentielGenève, Suisse • 2024

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Contexte

Dans un logement, certaines activités sont fixes : on cuisine, on dort, on se lave. Ces espaces ont leur place, leur logique, leur fonction claire. Pourtant, la vie ne se résume pas à ça. Faire du yoga, jouer de la guitare, lire, travailler allongé : ces activités imprévisibles et éphémères font partie du quotidien, mais la plupart des logements sont conçus pièce par pièce, usage par usage, sans jamais laisser de place à la spontanéité de la vie. Ce projet part de cette idée : concevoir des espaces suffisamment libres pour que chaque habitant puisse se les approprier à sa façon.

Problématique

Tout logement contient deux types d'activités. D'un côté, les activités conventionnelles : dormir, cuisiner, se laver. Elles sont fixes, stables, et ont besoin d'un espace dédié. De l'autre, les activités non conventionnelles : éphémères, spontanées, imprévisibles. Elles n'ont pas de pièce attitrée. Elles surviennent entre les autres, dans les marges, dans les passages. La question n'était donc pas de créer plus de pièces, mais de concevoir un système capable de moduler l'espace selon l'activité.

Question clé

Comment concevoir un logement qui sait s'adapter à l'imprevisible?

Solution

À partir d'une étude du corps humain et des activités pouvant se loger dans un espace de 80 centimètres d'épaisseur, un catalogue a été constitué. Chaque activité non conventionnelle: méditer, jouer, s'isoler, se croiser, observer, requiert un niveau d'intimité différent. Certaines demandent le silence et l'obscurité, d'autres s'accommodent du regard ou du bruit. Ces niveaux d'intimité déterminent la conception du mur : plus une activité demande d'isolement, plus la paroi qui l'abrite est opaque. Les murs en brique sont ainsi construits en double peau parallèle, avec des arcs et des perforations de tailles variables. En superposant deux murs aux porosités différentes, le projet génère une perméabilité visuelle graduée : fermée, filtrée ou ouverte. C'est entre ces deux peaux que naissent des alcôves, des passages, des seuils, les espaces où l'éphémère s'installe. Au-delà de l'intimité, ces murs jouent également un rôle thermique. L'espace d'air entre les deux peaux limite le rayonnement solaire en été, tout en laissant circuler l'air et entrer la lumière. Le confort n'est donc pas produit par des systèmes mécaniques : il est intégré dans la logique constructive de la brique elle-même. L'intimité se lit dans la porosité du mur. Le confort, dans son épaisseur.

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Description

Les espaces fixes: cuisine, salle de bain, chambre restent ancrés dans leur logique propre. Tout ce qui se passe entre eux appartient à un territoire plus libre, organisé par le jeu des murs épais et de leurs variations. Le système paramétrique permet à cet ensemble de se décliner selon les typologies, les familles, les orientations sans jamais perdre sa cohérence.

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"Ce projet ne cherche pas à organiser ou à anticiper les comportements de ses habitants. L'architecte ne prescrit pas les usages : il ménage les conditions d'une appropriation libre, pour que la vie spontanée, imprévisible, singulière puisse s'y installer à sa façon."

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Genève, Suisse