Abattage d'un arbre sur sa parcelle en Suisse : autorisation à Genève, Vaud et Fribourg, délais, replantation et taxe
Avant d'abattre un arbre de votre jardin, mesurez le tour du tronc à 1 m du sol : il faut une autorisation dès 45 cm à Genève et dès 40 cm dans le canton de Vaud. À Fribourg, chaque commune désigne les arbres protégés.

Vous avez reçu le devis d'un élagueur pour le grand arbre au fond du jardin, et l'entreprise peut intervenir la semaine prochaine. Avant de signer, faites le tour du tronc avec un mètre de couturière, à 1 m du sol. En Suisse romande, l'abattage d'un arbre sur sa parcelle demande une autorisation dès 45 cm de circonférence à Genève et dès 40 cm dans le canton de Vaud ; à Fribourg, le règlement de votre commune fixe la limite.
Un tour de tronc de 40 cm correspond à un diamètre de 12,7 cm, et la plupart des arbres adultes d'un jardin le dépassent largement. Au-dessus du seuil, l'autorisation impose presque toujours de replanter. Si un projet de construction empêche de replanter, le propriétaire paie à la commune une taxe de compensation, qui peut dépasser 38'000 francs pour un seul grand érable dans le canton de Vaud.
Les trois cantons ne confient pas la décision à la même autorité. À Genève, un office cantonal décide pour tout le territoire ; dans le canton de Vaud et à Fribourg, la commune décide, avec son propre règlement et ses propres tarifs. Les délais vont de deux semaines pour un arbre dangereux à près de trois mois pour une demande ordinaire. Selon votre situation, rendez-vous directement à la section utile :
- Votre arbre est à Genève : le seuil de 45 cm, la procédure de l'office cantonal et ses délais.
- Votre arbre est dans le canton de Vaud : les trois motifs admis et l'enquête de 30 jours au pilier public.
- Votre arbre est dans le canton de Fribourg : la protection fixée par le règlement communal d'urbanisme.
- Un arbre gêne votre projet d'extension ou de piscine : la demande liée au permis et le coût de la compensation.
- L'arbre du voisin vous prive de soleil ou ses branches dépassent chez vous : vos droits selon le Code civil.
- Un arbre a déjà été abattu sans autorisation : les amendes et l'obligation de replanter.
- Vous voulez la liste des démarches dans l'ordre : la checklist avant d'abattre.
Faut-il une autorisation pour abattre un arbre sur sa parcelle en Suisse ?
Oui, dès que le tronc atteint une certaine taille. Le droit fédéral laisse aux cantons la protection des arbres situés hors de la forêt, et chaque canton romand a choisi son propre système : un seuil cantonal à Genève et dans le canton de Vaud, un règlement communal à Fribourg.
Partout, la mesure qui compte est la circonférence du tronc, c'est-à-dire son tour, prise à 1 m au-dessus du sol. Pour un arbre à plusieurs troncs sur le même pied, les règlements communaux vaudois additionnent les circonférences.
Un arbre qui fait partie d'une forêt au sens de la loi fédérale sur les forêts obéit à d'autres règles : il relève de la législation forestière et du forestier de triage, le garde forestier responsable du secteur (art. 2 al. 2 RCVA à Genève). Dans le canton de Vaud, un arbre de 16 cm de diamètre ou plus au bord d'un cours d'eau demande en outre une autorisation spéciale de la Direction générale de l'environnement (art. 53 al. 1 LVLFo).
Le tableau suivant résume les règles pour un arbre isolé dans le jardin d'une villa, en zone à bâtir.
| Règle | Genève | Canton de Vaud | Canton de Fribourg |
|---|---|---|---|
| Seuil d'autorisation (circonférence à 1 m du sol) | 45 cm (art. 3 al. 2 RCVA) | 40 cm (art. 15 al. 3 et annexe 3 RLPrPNP) | Fixé par le règlement communal d'urbanisme |
| Autorité qui décide | Office cantonal de l'agriculture et de la nature (OCAN) | Municipalité ; service cantonal pour un arbre remarquable | Commune, sur préavis du forestier de triage |
| Publication | Décision publiée dans la Feuille d'avis officielle | Demande affichée 30 jours au pilier public | Décision publiée dans la Feuille officielle |
| Motifs admis | Appréciés par l'OCAN : sécurité, maladie, nuisance grave, construction | Sécurité ou maladie, agriculture, construction (art. 15 al. 1 LPrPNP) | Maladie ou sécurité, conflit avec une construction |
| Compensation | Un arbre pour un arbre ; valeur de remplacement en cas de construction | Un arbre pour un arbre ; taxe selon l'annexe 4 si la replantation est impossible | Plantation sur la parcelle ou dans la commune ; exceptionnellement un versement |
| Amende maximale | 40'000 francs (art. 56 LPMNS) | Amende selon la loi sur les contraventions (art. 62 LPrPNP) | 20'000 francs hors zone à bâtir (art. 45 RPNat) |
Les haies obéissent à leurs propres règles. À Genève, couper ou défricher une haie vive ou un bosquet demande une autorisation quelle que soit la taille des tiges (art. 3 al. 1 RCVA). Dans le canton de Vaud, la loi protège aussi les haies, sauf celles d'une seule essence ou d'essences non indigènes, comme une haie de thuyas ou de laurelles (art. 14 al. 1 LPrPNP).
Abattre un arbre à Genève : seuil de 45 cm, procédure de l'OCAN et délais
À Genève, l'abattage d'un arbre de 45 cm de circonférence ou plus demande une autorisation de l'office cantonal de l'agriculture et de la nature (OCAN). Le canton annonce environ 11 semaines pour une demande ordinaire et 2 à 3 semaines pour un arbre dangereux ou un cas de peu d'importance.
Sous 45 cm, le propriétaire abat librement, avec quatre exceptions où l'autorisation reste exigée même pour un petit arbre (art. 3 al. 2 RCVA) : les arbres désignés par une directive du département, la végétation qu'un plan localisé de quartier demande de conserver, les arbres plantés en compensation d'un abattage précédent et les plantations financées par le fonds cantonal de compensation. Un jeune tilleul planté en compensation il y a cinq ans reste donc protégé, même avec un tronc de 20 cm de tour.
Le propriétaire dépose la demande en ligne sur le portail e-démarches, ou sur papier, avec un plan qui situe chaque arbre, des photos, les motifs et les emplacements prévus pour la compensation (art. 4 al. 1 et 3 RCVA).
Les trois procédures genevoises et leurs délais
L'OCAN distingue trois situations. Pour un arbre mort, un arbre qui propage une maladie ou un arbre qui menace les personnes et les biens, le département peut délivrer l'autorisation immédiatement (art. 11 RCVA) ; en cas de danger grave et imminent, appelez directement les pompiers au 118. Les cas de peu d'importance, que l'OCAN définit selon l'essence, la taille et l'emplacement, ne sont pas publiés dans la Feuille d'avis officielle, la FAO (art. 10).
Toutes les autres demandes suivent la procédure ordinaire. Les voisins, la commune et les associations de protection de la nature disposent de 30 jours pour adresser leurs observations à l'OCAN (art. 6 RCVA). La décision paraît ensuite dans la FAO, et chacun peut la contester pendant 30 jours devant le Tribunal administratif de première instance. Vous ne pouvez abattre qu'une fois ce délai écoulé (art. 7 al. 2).
L'autorisation reste valable deux ans, avec une prolongation possible d'un an (art. 13 al. 1 et 2). L'émolument varie de 150 à 1'000 francs selon l'ampleur du dossier, et il reste dû si vous renoncez finalement à abattre (art. 21 al. 1 et 3 RCVA).
Compensation genevoise : un arbre pour un arbre, ou la valeur de remplacement
En principe, l'autorisation impose une compensation (art. 15 al. 1 RCVA). Pour un arbre abattu parce qu'il est dangereux, malade ou contraire à une servitude, l'OCAN demande de planter un nouvel arbre pour chaque arbre abattu. Pour un abattage lié à une construction, l'OCAN calcule une valeur de remplacement selon les normes de l'Union suisse des services des parcs et promenades (USSP), qui tiennent compte de la section du tronc, de l'essence et de l'état de l'arbre.
Le propriétaire doit réinvestir cette valeur en plantations sur la parcelle, ou la verser au fonds cantonal de compensation si la place manque (art. 18 al. 1 RCVA). Quand la valeur atteint 20'000 francs, le département du territoire, dont dépend l'OCAN, exige des sûretés financières avant l'abattage (art. 15 al. 3).
Proposer de replanter ne suffit pas à obtenir l'autorisation. En 2024, la Cour de justice a confirmé le refus d'abattre huit arbres d'une villa en zone 5, prévus pour laisser la place à un court de tennis. La valeur des huit arbres était estimée à 157'320 francs ; le propriétaire proposait de planter dix-neuf arbres pour 128'196 francs et de compenser la différence ailleurs. Pour l'autorité, le tennis répondait à un « besoin de pure convenance personnelle » (ATA/515/2024 du 23 avril 2024).
Abattre un arbre dans le canton de Vaud : autorisation de la Municipalité dès 40 cm de circonférence
Dans le canton de Vaud, un arbre de 40 cm de circonférence ou plus, mesuré à 1 m du sol, est protégé par la loi sur la protection du patrimoine naturel et paysager (LPrPNP), en vigueur depuis le 1er janvier 2023. Pour l'abattre, le propriétaire demande une dérogation à la Municipalité, et la demande est mise à l'enquête publique pendant 30 jours.
Sous 40 cm de tour, la coupe d'un arbre situé dans l'espace bâti ou en zone à bâtir est considérée comme sans préjudice et ne demande pas d'autorisation (art. 15 al. 3 et annexe 3 du règlement d'application, RLPrPNP). Beaucoup de règlements communaux encore en ligne datent de l'ancienne loi de 1969 et fixent un seuil de 30 cm de diamètre. Les communes doivent adapter ces règlements à la nouvelle loi (art. 17 al. 2 RLPrPNP) : demandez par écrit à votre commune quel seuil elle applique avant d'abattre.
Les trois motifs admis par la loi vaudoise
La loi admet seulement trois motifs de dérogation (art. 15 al. 1 LPrPNP) : un risque avéré pour la sécurité ou un risque phytosanitaire, c'est-à-dire une maladie ou un ravageur ; une entrave avérée à l'exploitation agricole ; un impératif de construction ou d'aménagement. L'ombre sur la terrasse, la vue sur le lac ou les feuilles dans la piscine ne figurent pas dans cette liste.
Le règlement soumis en 2026 au Conseil communal du Mont-sur-Lausanne l'écrit en toutes lettres : l'ombrage, la réduction de la vue et le débordement de branches ou de racines « ne constituent pas de justes motifs d'abattage ». À Lausanne comme dans les autres communes vaudoises, la loi cantonale n'admet que ces trois motifs, et une demande qui invoque seulement le confort ne correspond à aucun d'eux.
Enquête au pilier public, dossier et arbres dangereux
Depuis le 1er juillet 2024, la commune affiche la demande pendant 30 jours au pilier public, le panneau d'affichage officiel de la commune. Pendant ce délai, toute personne intéressée peut déposer une opposition écrite et motivée au greffe municipal (art. 15 al. 3 et 3ter LPrPNP). Seules deux catégories de demandes paraissent dans la Feuille des avis officiels : celles qui sont liées à un permis de construire, et celles qui concernent un arbre remarquable, c'est-à-dire inscrit à l'inventaire cantonal pour son âge, sa taille ou sa valeur paysagère, historique ou culturelle. Jusqu'au 30 juin 2024, toutes les demandes y étaient publiées.
Le dossier comprend des photos, un plan de situation avec l'essence, la hauteur et l'âge approximatif de chaque arbre, et un plan des plantations compensatoires (art. 19 al. 3 RLPrPNP). Pour un arbre remarquable, la commune transmet la demande au service cantonal de l'environnement, qui décide (art. 15 al. 2 LPrPNP). Un arbre qui menace directement les personnes ou les biens peut être abattu sans enquête, dès le dépôt de la demande (art. 15 al. 4).
La commune exige de planter un nouvel arbre pour chaque arbre abattu (art. 21 al. 2 RLPrPNP), dans l'année qui suit l'autorisation (art. 21 al. 4). Elle peut être plus exigeante : le règlement du Mont-sur-Lausanne prévoit au moins deux arbres plantés pour chaque arbre abattu lors d'un projet de construction. Si la parcelle ne permet pas de replanter et que l'abattage sert une construction, le propriétaire paie une taxe calculée au minimum selon le barème de l'annexe 4 RLPrPNP (art. 16 al. 2 LPrPNP).
Les travaux d'entretien des arbres et des haies sont permis du 1er septembre au 15 mars, sauf urgence sanitaire ou sécuritaire (art. 18 al. 1 RLPrPNP), et tailler une haie ou un bosquet entre le 16 mars et le 30 août coûte une amende d'ordre de 150 francs. Nous conseillons de programmer l'abattage autorisé dans la même fenêtre, entre le 1er septembre et le 15 mars, en dehors de la saison de nidification des oiseaux.
Abattre un arbre dans le canton de Fribourg : protection fixée par le règlement communal d'urbanisme
Dans le canton de Fribourg, la loi ne fixe aucun seuil de taille pour un arbre situé en zone à bâtir : chaque commune définit la protection dans son plan d'aménagement local (art. 17 al. 2 RPNat). Hors zone à bâtir, la loi cantonale protège directement les grands arbres isolés, les alignements d'arbres et les haies (art. 22 al. 1 LPNat).
En zone à bâtir, le canton reconnaît deux façons de protéger un arbre. Il est protégé s'il figure sur le plan d'affectation des zones et qu'un article du règlement communal d'urbanisme (RCU) fixe sa protection. Il l'est aussi si le RCU déclare que « tous les boisements hors-forêt sont protégés sur l'ensemble du territoire communal », même sans report sur le plan. Ouvrez donc l'article du RCU consacré à la nature ou aux boisements avant de mesurer le tronc.
Hors zone à bâtir, un arbre isolé adapté aux conditions locales et qui présente un intérêt écologique ou paysager ne peut pas être supprimé sans dérogation. Le canton cite en exemple les chênes, les tilleuls, les érables, les noyers, les ormes et les arbres fruitiers haute-tige indigènes.
Le propriétaire adresse sa demande de dérogation à la commune, sur le formulaire B si elle n'est liée à aucun permis de construire. La commune demande l'avis du forestier de triage, qui vérifie le motif et la compensation proposée. Elle rend ensuite sa décision, la publie dans la Feuille officielle, et l'abattage n'est permis qu'au terme du délai de recours de 30 jours (art. 18 al. 2 RPNat). Un recours est possible auprès du préfet.
La compensation suit un ordre de priorité : une plantation sur la même parcelle, sinon une plantation ailleurs dans la commune, et à titre exceptionnel un versement à la commune, que celle-ci doit affecter à la protection de la nature (art. 49 al. 2 LPNat). La commune vérifie que la compensation est proportionnelle à l'arbre supprimé. Elle vérifie aussi que le motif invoqué, maladie, sécurité ou projet de construction, est justifié. Le service communal des constructions peut vous indiquer quel article du RCU s'applique à votre parcelle.
Abattage d'arbre pour une extension ou une piscine : demande d'autorisation liée au permis de construire
Quand l'abattage est nécessaire à un projet soumis à permis, la demande d'abattage accompagne la demande de permis, et l'autorité les examine ensemble. Le motif de construction n'est admis que si le projet ne peut pas être réalisé ailleurs sur la parcelle ou d'une autre manière.
À Genève, la requête d'abattage indique le numéro du dossier d'autorisation de construire (art. 4 al. 2 RCVA), et la publication du permis vaut publication de l'abattage (art. 5 al. 2). Le plan d'aménagement paysager, joint au dossier, indique la valeur de remplacement des arbres à abattre. L'autorisation de construire fixe ensuite le montant de compensation, que le propriétaire réinvestit en plantations ou verse au fonds cantonal.
Dans le canton de Vaud, l'autorité reconnaît un impératif de construction lorsque l'arbre empêche ou limite de façon disproportionnée une construction « qui ne peut être réalisée ailleurs ou différemment » (art. 19 al. 1 RLPrPNP). La plantation compensatoire doit alors être réalisée dans l'année qui suit le permis d'habiter (art. 21 al. 4). À Fribourg, le préfet délivre le permis de construire en procédure ordinaire. La demande d'abattage est jointe au dossier de permis sur le formulaire A, et le préfet doit suivre l'avis de la commune sur l'arbre (art. 18 al. 1 let. a RPNat).
La protection couvre aussi les racines. Dans le canton de Vaud, l'espace vital protégé d'un arbre correspond au minimum à l'étendue de sa couronne (art. 15 al. 4 RLPrPNP), et, selon le règlement-type cantonal, une fouille qui blesse gravement les racines compte comme un abattage sans autorisation. À Genève, dans l'affaire du court de tennis, l'OCAN interdisait toute construction et tout terrassement sous la couronne des arbres et jusqu'à 1 m au-delà de son bord. Une fouille de piscine creusée sous la couronne d'un chêne peut donc exiger une dérogation, même si le chêne reste debout.
Sur les projets que nous accompagnons, nous relevons les arbres et l'étendue de leur couronne dès la première visite, avant de dessiner l'implantation, puis nous joignons la demande d'abattage au dossier de permis si elle reste nécessaire (voir nos services d'architecture). Il faut ajouter à ces contraintes les distances du règlement des constructions, détaillées dans notre article sur les distances aux limites d'une extension dans le canton de Vaud.
Scénario chiffré : un érable de 150 cm de circonférence sur l'emplacement d'une extension
Une villa se trouve en zone à bâtir dans une commune vaudoise. Le propriétaire veut construire une extension de 30 m² côté jardin, et un érable sycomore vigoureux de 150 cm de circonférence, soit 48 cm de diamètre, occupe l'emplacement prévu. Le jardin est petit : l'architecte paysagiste juge impossible d'y replanter un arbre de valeur équivalente.
Le barème cantonal calcule la taxe ainsi : valeur de l'essence × (note d'état sanitaire + note d'aspect) × valeur de la situation × valeur du motif × indice de circonférence (annexe 4 RLPrPNP). Pour cet érable, l'essence vaut 8 (un thuya vaudrait 4). La note d'état sanitaire vaut 4 pour un arbre vigoureux, sans risque de chute ni de casse, et la note d'aspect vaut 4 pour un « beau sujet » : leur somme fait 8. La situation vaut 10 en zone à bâtir, le motif vaut 1 pour un impératif de construction, et l'indice vaut 60 pour 150 cm de tour.
| Arbre abattu | Calcul (essence × état et aspect × situation × motif × circonférence) | Taxe minimale ou coût |
|---|---|---|
| Érable sycomore de 150 cm, vigoureux, beau sujet | 8 × (4 + 4) × 10 × 1 × 60 | 38'400 francs |
| Érable sycomore de 150 cm, vigoureux, sujet typique | 8 × (4 + 2) × 10 × 1 × 60 | 28'800 francs |
| Érable sycomore de 100 cm, vigoureux, beau sujet | 8 × (4 + 4) × 10 × 1 × 32 | 20'480 francs |
| Thuya de 150 cm, vigoureux, sujet typique | 4 × (4 + 2) × 10 × 1 × 60 | 14'400 francs |
| Érable de 150 cm remplacé par un tilleul planté sur la parcelle | Pas de taxe : plantation d'un arbre pour un arbre | Environ 1'320 francs (arbre de 18 à 20 cm de tour, plantation comprise) |
Pour estimer le coût de la dernière ligne, nous avons repris les prix de référence publiés par le canton de Genève pour les plantations compensatoires (édition 2018-2019), qui donnent un ordre de grandeur : 945 francs pour un tilleul ou un charme de 18 à 20 cm de tour livré en motte, plus 40 % pour la plantation, l'entretien et la garantie de reprise de deux ans. La taxe du barème est un minimum, et chaque commune peut prévoir des montants plus élevés (art. 21 al. 10 RLPrPNP).
Il faut y ajouter l'abattage et le dessouchage, de 2'100 à 5'500 francs pour un grand arbre selon les prix publiés en 2026 par des plateformes de devis (estimation), et l'émolument communal, fixé à 200 francs dans le règlement du Mont-sur-Lausanne pour une demande liée à un permis.
Pour le même érable à Genève, l'OCAN calculerait une valeur de remplacement selon les normes USSP, à réinvestir en plantations ou à verser au fonds cantonal. Dans l'arrêt de 2024, huit arbres valaient ensemble 157'320 francs, soit près de 20'000 francs par arbre en moyenne. À Fribourg, la commune fixerait une compensation proportionnelle, d'abord sous forme de plantation sur la parcelle. Dans les trois cantons, implanter l'extension hors de la couronne de l'érable évite à la fois la dérogation et la compensation.
L'arbre du voisin fait de l'ombre ou dépasse chez vous : vos droits selon le Code civil
Vous pouvez demander au voisin de couper les branches et les racines qui avancent sur votre terrain et vous causent un préjudice. S'il ne le fait pas dans un délai convenable après votre réclamation, vous avez le droit de les couper vous-même et de les garder (art. 687 al. 1 CC). Cette règle ne vous autorise pas à abattre l'arbre.
Faites votre réclamation par écrit, de préférence par lettre recommandée, en fixant un délai : vous pourrez ainsi prouver la date. La règle exige un préjudice, par exemple une racine qui soulève un dallage ou une branche qui frotte contre la toiture, et elle ne s'applique pas aux branches d'une forêt voisine (art. 687 al. 3 CC).
Couper soi-même une grosse branche reste un élagage soumis aux règles cantonales. Dans le canton de Vaud, la taille de branches de plus de 25 cm de tour dépasse l'entretien courant et demande une autorisation (annexe 3 RLPrPNP) ; à Genève, tout élagage d'un arbre protégé demande une autorisation, en dehors de la taille d'entretien régulière (art. 3 al. 1 et 12 al. 5 RCVA). Pour éviter une amende, confiez la taille à un arboriste, après accord avec le voisin et, si la taille dépasse l'entretien courant, avec l'autorisation de l'autorité.
Le voisin ne peut pas déposer lui-même une demande d'abattage : à Genève, la requête porte la signature du propriétaire de l'arbre (art. 4 al. 3 RCVA). Si l'arbre menace de tomber sur votre maison, signalez-le à l'autorité. L'OCAN peut ordonner l'abattage d'un arbre dangereux sur l'avis d'un tiers et fixer un délai d'exécution au propriétaire (art. 11 al. 1 et 2).
Les distances minimales entre une plantation et la limite de propriété sont fixées par chaque canton (art. 688 CC). Dans le canton de Vaud, le Code rural et foncier interdit, sans l'accord du voisin, de planter un arbre à moins de 50 cm de la limite.
Abattage d'arbre sans autorisation : amendes, replantation et remise en état
Abattre sans autorisation expose à une amende et à l'obligation de replanter, même si l'abattage aurait pu être autorisé. L'amende maximale atteint 40'000 francs à Genève. À Fribourg, elle atteint 20'000 francs pour la suppression d'un arbre protégé situé hors de la zone à bâtir.
À Genève, l'amende administrative va de 20 à 40'000 francs selon la gravité de l'infraction, et l'action pénale se prescrit par 7 ans (art. 56 LPMNS). Si le propriétaire ne réalise pas les plantations demandées, ou les réalise mal, le département perçoit une contribution de remplacement après sommation (art. 18 al. 2 RCVA).
Dans le canton de Vaud, l'amende est prononcée selon la loi sur les contraventions (art. 62 LPrPNP). L'autorité peut aussi ordonner le rétablissement de l'état antérieur, c'est-à-dire une replantation, et la faire exécuter aux frais de l'auteur s'il ne s'exécute pas dans le délai (art. 15 al. 5 RLPrPNP). Le règlement-type cantonal assimile un élagage brutal, fait hors des règles de l'art, à un abattage sans autorisation.
À Fribourg, supprimer un boisement protégé hors zone à bâtir est passible d'une amende jusqu'à 20'000 francs (art. 45 al. 1 let. b RPNat, qui renvoie à l'art. 24a LPN). Selon l'aide à l'exécution cantonale, le service dénonce au Ministère public les abattages abusifs, par exemple avec dessouchage, et un abattage justifié mais fait sans autorisation entraîne une demande de replantation par la commune.
Si l'abattage accompagne des travaux réalisés sans permis, les deux procédures s'additionnent ; notre article sur la régularisation des travaux sans permis de construire décrit la procédure, les amendes et le risque de démolition.
Checklist avant d'abattre un arbre sur votre parcelle
Huit vérifications, dans l'ordre, avant de signer le devis de l'entreprise :
- Mesurez la circonférence du tronc à 1 m du sol, en additionnant les troncs d'un même pied, et photographiez le mètre autour du tronc.
- Vérifiez que l'arbre n'est ni en forêt ni au bord d'un cours d'eau ; dans ces deux cas, appelez le forestier de triage avant toute démarche.
- Lisez la règle applicable : à Genève, vérifiez si un plan localisé de quartier ou une compensation antérieure protège l'arbre ; dans le canton de Vaud, le règlement communal sur le patrimoine arboré ; à Fribourg, l'article du RCU sur les boisements.
- Documentez le motif : rapport d'un arboriste pour un arbre malade ou dangereux, plans et implantation du projet pour une construction.
- Proposez la compensation dans la demande : essence indigène adaptée au terrain, emplacement sur la parcelle, taille à la plantation.
- Déposez la demande auprès de l'OCAN ou de la commune, avec photos et plan de situation, et comptez deux à trois mois pour une demande ordinaire.
- Attendez la fin du délai de recours avant d'abattre, et réservez l'entreprise entre septembre et mi-mars.
- Plantez les arbres de compensation dans le délai fixé, un an dans le canton de Vaud, et gardez la facture du pépiniériste pour le contrôle de la commune.
La mesure du tronc à 1 m du sol indique d'abord si vous avez besoin d'une autorisation. Sous 45 cm de tour de tronc à Genève et sous 40 cm dans le canton de Vaud, le propriétaire décide seul, sauf exception ; à Fribourg, le règlement communal d'urbanisme tranche. Au-dessus du seuil, l'abattage exige un motif admis et une compensation, dont le coût va d'environ 1'320 francs pour un arbre replanté à 38'400 francs de taxe pour un bel érable qu'un projet empêche de remplacer.
Si un arbre se trouve sur l'emplacement d'une extension, d'une piscine ou d'un garage que vous envisagez, parlons-en avant de dessiner les plans. Prenez un premier rendez-vous de 45 minutes, gratuit et sans engagement, pour parler de votre projet et des arbres de votre parcelle avec un architecte HILO.