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Architecte d'intérieur ou architecte EPFL en Suisse : qui signe vos plans ?

Architecte d'intérieur ou architecte EPFL ? En Suisse, le titre ne décide rien : ce qui compte, c'est qui peut signer vos plans, canton par canton.

Architecte d'intérieur ou architecte EPFL en Suisse : qui signe vos plans ?

Vous comparez un architecte d'intérieur et un architecte EPFL pour votre projet, et le terme HMO traîne quelque part dans vos recherches. Première chose à savoir : en Suisse, la bonne question n'est pas laquelle de ces deux personnes est la plus diplômée. C'est de savoir laquelle a le droit de signer et de déposer vos plans dans votre canton. Et la réponse n'a presque rien à voir avec le titre affiché sur la carte de visite.

La plupart des articles que vous trouverez sur ce sujet décrivent le système français : l'Ordre des architectes, le diplôme d'État, le seuil des 150 m², la fameuse HMO (en réalité la HMONP). Aucune de ces notions n'existe en droit suisse. Importer ces repères vous mène droit dans le mur, parce que la Suisse fonctionne autrement, et de manière différente d'un canton à l'autre. Voici comment trancher pour de bon, avec les règles à jour en juin 2026, en particulier la réforme vaudoise appliquée pleinement depuis le 1er octobre 2024.

Architecte d'intérieur ou architecte EPFL : la vraie ligne de partage en Suisse

La ligne de partage en Suisse n'est ni le prestige du diplôme ni la beauté du portfolio. C'est une frontière juridique : pour la plupart des projets soumis à autorisation, les plans doivent être établis et signés par un architecte inscrit au registre requis par votre canton. Un architecte d'intérieur ne peut pas signer ces plans dans le canton de Vaud, ni à Fribourg en procédure ordinaire ; à Genève, il le peut seulement s'il est inscrit, dans la catégorie des architectes d'intérieur, au tableau des mandataires professionnellement qualifiés (MPQ), et pour des aménagements intérieurs qui ne modifient pas de façon importante les éléments porteurs.

Tout votre choix découle donc d'une seule question : votre projet a-t-il besoin d'une autorisation de construire ? Si vous touchez à la structure porteuse, à la façade, à la toiture, au volume du bâtiment ou à son affectation, la réponse est presque toujours oui, et il vous faut en règle générale un architecte habilité à signer. Si vous restez à l'intérieur, sur l'agencement, les finitions et des cloisons légères, un architecte d'intérieur suffit dans bien des cas.

Cette logique paraît évidente une fois posée, mais elle est exactement l'inverse de ce que cherchent la plupart des propriétaires, qui se focalisent sur le diplôme. Avant d'arbitrer, il faut comprendre pourquoi le diplôme compte moins que vous ne le pensez. Vous pouvez aussi consulter l'éventail de nos prestations pour situer où se place chaque intervention.

Le titre d'architecte n'est pas protégé en Suisse

Non, le titre d'architecte n'est pas protégé au niveau fédéral en Suisse. N'importe qui peut, en principe, se présenter comme architecte. Ce qui est protégé, ce sont les titres de diplôme (un master EPFL, par exemple), pas l'appellation professionnelle. C'est l'une des grandes différences avec la France, et la source de la plupart des malentendus.

Le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation (SEFRI) le confirme : aucune loi fédérale ne règle l'exercice de la profession d'architecte, et chaque canton décide s'il la réglemente. Sept cantons l'ont fait : Genève, Vaud, Neuchâtel, Fribourg, le Valais, le Tessin et Lucerne. Autrement dit, la protection existe, mais elle est cantonale et elle vise une activité précise, signer des plans, pas le simple fait de porter un titre.

Le repère national, c'est le REG, la Fondation des Registres suisses des professionnels de l'ingénierie, de l'architecture et de l'environnement. Il distingue deux inscriptions qui reviennent partout dans les démarches :

  • REG A : titulaires d'un master délivré par une EPF, une université suisse ou une haute école spécialisée (HES), ou personnes ayant réussi l'examen du REG, avec dans les deux cas au moins trois ans de pratique professionnelle.
  • REG B : titulaires d'un bachelor de qualification professionnelle délivré par une HES, ou personnes ayant réussi l'examen du REG, avec dans les deux cas au moins trois ans de pratique professionnelle.

Retenez l'idée centrale : à Genève, dans le canton de Vaud et à Fribourg, c'est l'inscription à un registre (cantonal ou REG) qui ouvre le droit de signer, pas le diplôme à lui seul. Un titre brillant sans inscription ne suffit pas pour signer les plans de la plupart des projets soumis à permis. Dans la pratique, les deux métiers n'ont pas les mêmes droits.

Ce que fait (et ne fait pas) un architecte d'intérieur

Un architecte d'intérieur conçoit, transforme et met en valeur les espaces intérieurs : agencement, lumière, matériaux, mobilier, circulation. Aucune loi fédérale ne réglemente cette profession, ce qui ne veut pas dire qu'elle s'exerce sans formation. Les meilleurs sortent d'un bachelor, voire d'un master HES en architecture d'intérieur, et la HEAD à Genève a même ouvert le premier master de Suisse dans cette discipline. À Genève, un architecte d'intérieur qui mène un projet soumis à autorisation doit toutefois être inscrit au tableau des MPQ, dans la catégorie des architectes d'intérieur, sauf pour les petits travaux que le règlement cantonal classe d'importance secondaire.

La profession est structurée autour de la VSI.ASAI, l'Association suisse des architectes d'intérieur, fondée en 1942 à Zurich. Elle défend une exigence de qualité et regroupe les praticiens qualifiés. Un bon architecte d'intérieur apporte une vraie valeur sur une rénovation d'appartement : il optimise des mètres carrés, dessine une cuisine cohérente, choisit des matériaux qui vieilliront bien et coordonne les corps de métier de second œuvre.

Là où sa marge de manœuvre s'arrête, c'est dès que le projet sort de l'enveloppe intérieure ou touche la structure. Déplacer une cloison légère passe souvent sans formalité lourde ; abattre un mur porteur, ouvrir une nouvelle fenêtre en façade ou modifier le volume demande en règle générale un architecte habilité, et un ingénieur civil dès que la structure porteuse est touchée. Pour un projet d'agencement précis, comme une cuisine, nous détaillons les arbitrages dans notre article sur la rénovation de cuisine avec architecte. Le tableau ci-dessous résume qui fait quoi.

InterventionArchitecte d'intérieurArchitecte inscrit
Agencement, lumière, décoration intérieureOui, cœur de métierOui, mais rarement son cœur de métier
Cuisine et salles d'eau, sans toucher la structureOuiOui
Déplacement d'une cloison non porteuseSouvent oui, vérifier auprès de la commune ou du cantonOui
Abattement d'un mur porteur, structureNon, ingénieur civil requisOui, avec ingénieur civil
Façade, enveloppe, toiture, volumeNonOui
Établir et signer le dossier de permisNon en règle générale, sauf petits projets ; à Genève, oui pour un aménagement intérieur, s'il est inscrit au tableau des MPQOui, s'il est inscrit au registre requis par le canton
Qui peut intervenir sur quoi, selon le type de travaux

Architecte EPFL, HES, ETH : que valent vraiment ces titres ?

Un architecte EPFL n'est pas par principe meilleur qu'un architecte HES : les deux diplômes sont reconnus et ouvrent l'inscription au registre REG après trois ans de pratique, au niveau A avec un master (EPF ou HES), au niveau B avec un bachelor HES. Les deux niveaux donnent le droit de signer des plans dans le canton de Vaud et à Fribourg. La différence tient à l'orientation des études, pas à un rang de qualité. Pour votre chantier, ce qui compte est de savoir si la personne est inscrite au registre qui autorise à signer, pas l'école d'origine.

Concrètement, une formation EPF (Lausanne ou Zurich) est très théorique, ancrée dans les dimensions culturelle, technique et scientifique du métier. Une formation HES, accréditée par la Confédération et reconnue équivalente sur le plan universitaire en Suisse comme en Europe, est davantage orientée vers la pratique et la réalisation. L'ETH désigne simplement le pendant alémanique de l'EPF. Beaucoup d'excellents architectes praticiens sortent d'une HES, et beaucoup de théoriciens reconnus sortent d'une EPF. Le diplôme oriente un parcours, il ne hiérarchise pas les compétences sur le terrain.

La HMO ou HMONP française est-elle reconnue en Suisse ?

Oui, par une procédure de reconnaissance : pour un architecte titulaire du diplôme d'État français, la HMONP est la condition pour faire reconnaître son diplôme en Suisse. C'est une habilitation française (l'Habilitation à exercer la maîtrise d'œuvre en son nom propre), créée en 2005, qui conditionne l'inscription à l'Ordre des architectes en France. La Suisse applique les règles européennes de reconnaissance des diplômes d'architecte, par l'accord sur la libre circulation des personnes conclu avec l'Union européenne : un master français sans HMONP ne peut pas y être reconnu.

Si vous voyez ce sigle, c'est souvent qu'un texte mélange les deux pays. Un architecte formé en France qui veut signer des plans à Genève, dans le canton de Vaud ou à Fribourg demande d'abord la reconnaissance de son diplôme au Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation (SEFRI). Une fois son diplôme reconnu, il présente cette reconnaissance au canton, par exemple pour s'inscrire au tableau des MPQ à Genève. La HMO, en clair, ne donne pas à elle seule le droit de signer en Suisse. Ce qui nous amène à la question décisive : qui peut signer votre permis ?

Qui peut signer votre permis de construire ? Genève, Vaud, Fribourg

Pour un projet soumis à autorisation, c'est en règle générale un architecte inscrit au registre requis par votre canton qui établit et signe le dossier. Le détail change toutefois d'un canton à l'autre, et c'est là que se joue la différence pratique. À Genève, dans le canton de Vaud et à Fribourg, les trois régimes poursuivent le même but mais par des chemins différents.

Genève : le tableau des mandataires professionnellement qualifiés (MPQ)

À Genève, la loi sur l'exercice des professions d'architecte et d'ingénieur (LPAI, rsGE L 5 40) réserve l'exercice indépendant de ces professions aux mandataires professionnellement qualifiés (MPQ) reconnus par l'État, pour les travaux soumis à autorisation au sens de la loi sur les constructions et les installations diverses (LCI, L 5 05, du 14 avril 1988). En clair : les plans d'une demande publiée dans la Feuille d'avis officielle et la direction des travaux reviennent à un MPQ inscrit dans la catégorie qui correspond à l'ouvrage (architecte, architecte d'intérieur, ingénieur civil, par exemple), sauf pour un projet d'importance secondaire, comme une transformation intérieure sans changement d'affectation qui ne touche ni les façades ni les éléments porteurs, ou un petit bâtiment de 1'000 m³ au plus que vous faites construire pour votre propre usage (art. 1A du règlement d'application de la LCI). Même dans ces cas, le département cantonal chargé des autorisations de construire peut exiger à tout moment l'intervention d'un MPQ, s'il constate, en examinant la demande ou pendant les travaux, que vous ne maîtrisez pas suffisamment la conception ou la réalisation de l'ouvrage.

Les conditions d'inscription sont fixées à l'art. 3 al. 1 LPAI : justifier de capacités professionnelles suffisantes, avoir un domicile professionnel dans le canton, et n'avoir subi aucune condamnation portant atteinte à la probité et à l'honneur. Une personne établie hors du canton peut obtenir une inscription temporaire (art. 3 al. 3 LPAI), valable deux ans et renouvelable. Les dossiers sont validés par la Chambre des architectes et des ingénieurs, qui se réunit environ une fois par mois. Le tableau des MPQ est public et consultable en ligne sur le site de l'État de Genève.

Canton de Vaud : la réforme LPrA, obligatoire depuis octobre 2024

Dans le canton de Vaud, les règles ont changé récemment, et beaucoup de contenus en ligne sont périmés. Depuis le 1er octobre 2024, fin d'un délai transitoire de trois ans, c'est la loi sur la profession d'architecte (LPrA, RSV 705.41), modifiée en 2021, qui détermine les personnes autorisées à établir et signer des plans. Seules les personnes remplissant les conditions de l'art. 5e LPrA peuvent signer les plans d'un projet mis à l'enquête ou dispensé d'enquête publique, sauf pour une construction de minime importance (art. 106 LATC).

La condition centrale est l'inscription au registre REG A ou REG B ; la loi admet aussi une personne autorisée dans un autre canton à des conditions équivalentes, ou autorisée par la Chambre des architectes. Conséquence directe : l'ancienne liste des mandataires tenue par la CAMAC a été désactivée fin juin 2024. Si un prestataire vous parle encore de cette liste, c'est un signal qu'il n'a pas suivi la réforme. Pour toute construction mise à l'enquête ou dispensée d'enquête, hors constructions de minime importance, les plans doivent être établis et signés par un architecte ou, pour leur spécialité, par un ingénieur.

Fribourg : le certificat REG comme clé d'entrée

À Fribourg, le dossier de permis en procédure ordinaire doit être établi par une personne qualifiée au sens de l'art. 8 LATeC, typiquement un architecte ou un ingénieur. Le règlement d'exécution (art. 6 ReLATeC) précise la règle : pour un bâtiment, cette personne est inscrite au registre des architectes REG A ou B, et le canton demande de joindre son attestation d'inscription au dossier. Pour un bureau établi dans un autre canton ou à l'étranger, le canton admet aussi une autorisation conforme aux règles de son lieu d'établissement. En procédure simplifiée, aucune qualification particulière n'est exigée (art. 7 ReLATeC).

Le point commun aux trois cantons : en règle générale, un architecte d'intérieur seul ne peut pas signer le dossier d'un projet qui modifie la façade, le volume ou de façon importante la structure porteuse. Pour un aménagement intérieur ou un petit projet, les règles diffèrent : à Genève, un architecte d'intérieur inscrit au tableau des MPQ peut signer des aménagements intérieurs, et un projet d'importance secondaire se passe de MPQ ; à Fribourg, aucune qualification particulière n'est exigée en procédure simplifiée, par exemple pour une transformation intérieure qui ne touche pas la structure porteuse ; dans le canton de Vaud, une construction de minime importance se passe d'architecte. Le tableau suivant met les trois régimes côte à côte.

CantonBase légaleInscription exigée pour signerListe publique
GenèveLPAI (L 5 40) et LCI (L 5 05)Tableau des MPQ, sauf projet d'importance secondaire ; inscription temporaire possible pour un bureau établi hors du cantonTableau MPQ en ligne (ge.ch)
VaudLPrA (705.41) et art. 106 LATCRegistre REG A ou REG B, depuis le 1er octobre 2024, sauf construction de minime importanceRegistre REG (reg.ch)
Fribourgart. 8 LATeC et art. 6 et 7 ReLATeCRegistre REG A ou REG B (attestation d'inscription), sauf en procédure simplifiéeRegistre REG (reg.ch)
Principe fédéralAucune loi fédérale sur le titreAucune, titre non protégé ; sept cantons réglementent la profession : Genève, Vaud, Neuchâtel, Fribourg, Valais, Tessin et LucerneAucune liste fédérale
Qui peut signer un dossier soumis à permis, selon le canton (juin 2026)

Combien coûte chacun ? Honoraires comparés

Les deux métiers ne facturent pas sur la même base. Un architecte calcule souvent ses honoraires en pourcentage du coût des travaux : c'est un usage du marché, car la norme SIA 102 décrit ses prestations sans fixer de tarif. Un architecte d'intérieur facture plutôt au mètre carré, au forfait ou en pourcentage du budget d'aménagement. Comparer un taux à l'autre n'a donc pas de sens sans regarder le périmètre de la mission.

À titre indicatif, pour le marché de Suisse romande, les fourchettes suivantes donnent un ordre de grandeur des honoraires d'architecte, hors TVA. Elles varient selon la complexité, la taille du projet et l'étendue des prestations confiées. Pour un architecte d'intérieur ou un ingénieur civil, demandez une offre écrite.

Type de missionBase de calcul usuelleFourchette indicative
Architecte d'intérieur, conception et suiviCHF/m2 ou % du budget d'aménagementSur offre écrite
Architecte d'intérieur, conseil ponctuelTaux horaireTaux du bureau, à inscrire dans le contrat
Architecte, mission complète (SIA 102)% du coût de constructionEnv. 12 à 18 % en neuf, 15 à 22 % en rénovation
Architecte, dépôt du permis seulForfait ou horaireEnv. un tiers des honoraires d'une mission complète, ou au taux horaire convenu avec le bureau
Ingénieur civil, vérification d'un mur porteurForfaitSur offre, selon l'ouvrage
Bases d'honoraires indicatives en Suisse romande

Scénario chiffré : rénover un 110 m2 à Carouge

Un cas type, illustratif et non un projet réel : la rénovation complète d'un appartement de 110 m2 à Carouge en 2026. Le propriétaire veut repenser l'agencement, refaire la cuisine et deux salles d'eau, mais aussi abattre un mur porteur entre le séjour et la cuisine, et créer une nouvelle ouverture en façade. Ce projet, parce qu'il touche la structure et l'enveloppe, est soumis à autorisation au sens de la LCI.

Voici la répartition des rôles et des coûts, pour un budget de travaux d'environ 280'000 CHF :

  • Architecte d'intérieur : conception de l'agencement, cuisine et salles d'eau, choix des matériaux et suivi du second œuvre, sur environ 130'000 CHF de finitions. Avec un taux de 14 %, retenu comme hypothèse pour ce calcul, comptez de l'ordre de 18'000 CHF d'honoraires.
  • Architecte inscrit (MPQ) : établissement et dépôt du dossier d'autorisation, coordination de la partie structurelle et direction des travaux concernés. Comptez environ 22'000 à 30'000 CHF selon l'étendue de la mission (hypothèse de ce calcul).
  • Ingénieur civil : dimensionnement de la reprise de charge du mur porteur, de l'ordre de 4'000 à 7'000 CHF dans ce calcul, un montant retenu comme hypothèse et à confirmer par une offre.

Pour ce projet, la loi genevoise donne au canton 60 jours pour répondre à la demande d'autorisation, ou 30 jours si elle suit la procédure accélérée, à compter de son enregistrement (art. 4 al. 1 LCI). Ce délai peut être prolongé, par exemple pour un bâtiment protégé, et il est suspendu tant que le canton attend des pièces complémentaires qu'il vous a demandées (art. 4 al. 2 et 3 LCI). En 2025, le canton a rendu 58 % de ses décisions en procédure accélérée dans les 30 jours, et 81 % dans un délai de 60 jours. Vouloir économiser en confiant ce type de chantier au seul architecte d'intérieur est un faux calcul : sans architecte inscrit au tableau des MPQ pour diriger ces travaux, le canton peut interdire l'ouverture du chantier, et les travaux entrepris sans autorisation s'exposent à une remise en état. Nous détaillons ces risques dans notre article sur rénover un appartement sans architecte.

Architecte d'intérieur et architecte : choisir ou combiner

Poser la question comme un duel est le plus souvent une fausse piste. Sur beaucoup de rénovations ambitieuses, les deux profils sont complémentaires : l'architecte inscrit sécurise la partie soumise à autorisation et la structure, l'architecte d'intérieur porte la qualité d'usage et l'identité des espaces. Le scénario de Carouge le montre bien, chacun prend la moitié du projet qui correspond à son métier.

Dans un bureau d'architecture qui couvre les deux dimensions, cette coordination est interne, ce qui évite les conflits d'interface classiques entre deux mandataires qui ne se parlent pas. Si vous mandatez séparément, désignez clairement qui pilote l'ensemble et qui répond du planning. Pour bien évaluer un prestataire, notre guide pour choisir son bureau d'architectes à Genève donne les bons critères. Reste à savoir comment trancher pour votre cas précis.

L'arbre de décision pour trancher

Pour décider sans vous tromper, partez du projet, pas du titre. Trois cas couvrent la quasi-totalité des situations.

  • Le projet touche un mur porteur, la façade, la toiture, le volume ou l'affectation : un architecte inscrit au registre requis par votre canton est en règle générale obligatoire, accompagné d'un ingénieur civil si la structure est concernée.
  • Le projet est purement intérieur (agencement, finitions, cloisons légères, cuisine, salles d'eau sans toucher la structure) : un architecte d'intérieur peut suffire.
  • Le projet mélange les deux : mandatez les deux profils, en confiant le pilotage de la partie soumise à permis à l'architecte habilité.

Une fois le bon profil identifié, vérifiez les points suivants avant de signer un contrat :

  1. Délimitez le périmètre par écrit : intérieur pur, ou intervention sur structure et enveloppe.
  2. Déterminez si une autorisation est nécessaire, en cas de doute auprès de la commune ou du canton.
  3. Pour un projet soumis à permis, exigez un architecte inscrit au registre requis par votre canton.
  4. Vérifiez l'inscription vous-même : tableau des MPQ à Genève, registre REG pour le canton de Vaud et Fribourg.
  5. Demandez des références de projets comparables au vôtre.
  6. Clarifiez la base d'honoraires par écrit : pourcentage du coût des travaux, forfait ou taux horaire.
  7. Assurez-vous d'une responsabilité civile professionnelle en cours de validité.
  8. Si vous mandatez les deux métiers, fixez par écrit qui coordonne et qui répond du planning.

Le bon réflexe : partir du permis, pas du titre

Comparer un architecte d'intérieur et un architecte EPFL en se demandant lequel est le plus diplômé est une fausse question, héritée du modèle français. En Suisse, le titre n'est pas protégé, le diplôme ne donne pas à lui seul le droit de signer, et un sigle comme la HMO n'ouvre ce droit qu'après la reconnaissance du diplôme en Suisse. La seule boussole fiable tient en une ligne : votre projet a-t-il besoin d'une autorisation, et la personne qui signera est-elle inscrite au registre requis par votre canton ?

Pour un intérieur pur, un architecte d'intérieur fera des merveilles. Pour un projet qui touche la structure ou l'enveloppe, il vous faut en règle générale un architecte habilité, souvent épaulé par un architecte d'intérieur pour la qualité d'usage. Le vrai luxe, c'est d'avoir les deux regards coordonnés autour d'une même table.

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