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Cave humide en Suisse : un budget de rénovation de 1 500 à 30 000 francs selon la cause

L'ECA et l'ECAB excluent nommément infiltrations et remontées capillaires. Le budget d'une cave humide reste intégralement à la charge du propriétaire.

Cave humide en Suisse : un budget de rénovation de 1 500 à 30 000 francs selon la cause

Deux entreprises passent la même semaine dans la même cave humide, sous une villa vaudoise des années soixante. La première remet un devis de 28 000 francs pour un drainage périphérique et une étanchéité extérieure. La seconde propose un ventilateur d'extraction à 1 900 francs. Les deux ont vu les mêmes taches sombres, senti la même odeur, touché le même crépi qui s'effrite à un mètre du sol. Aucune n'a mesuré quoi que ce soit.

Le budget d'une rénovation de cave humide se fixe au diagnostic, pas au devis. Quatre causes produisent des symptômes voisins et appellent quatre traitements dont les coûts s'échelonnent de 1 500 à plus de 30 000 francs en Suisse romande. Trois règles suisses décident ensuite qui paie : les assurances bâtiment cantonales excluent l'humidité du sous-sol, un drainage permanent relève du droit de la protection des eaux, et depuis le 1er janvier 2026 l'acheteur d'une maison dispose de 60 jours pour se retourner contre son vendeur.

Quatre causes d'humidité en cave, quatre budgets de rénovation

Une cave humide en Suisse relève de l'une de ces quatre origines : la condensation estivale, les remontées capillaires, les infiltrations latérales et la fuite de canalisation. Chacune laisse une signature lisible sur le mur, et chacune commande un budget différent.

La condensation se reconnaît à sa saisonnalité et à sa répartition. Les traces apparaissent en été, sur les surfaces les plus froides, souvent en partie haute des murs et contre les conduites d'eau froide, puis régressent en hiver. L'air extérieur chaud transporte beaucoup de vapeur ; en entrant dans une cave à 12 ou 14 degrés, il se refroidit et dépose cette vapeur sur les parois. La maçonnerie, elle, reste sèche à cœur.

Les remontées capillaires dessinent l'inverse. Un front d'humidité horizontal part du sol et monte, en général jusqu'à 80 centimètres ou un mètre, avec du salpêtre en surface et un crépi qui cloque puis se décolle. Le front reste stable dans le temps et ne dépend pas de la météo de la semaine. Il touche surtout les maçonneries anciennes en pierre ou en brique, montées sans coupure d'étanchéité horizontale.

Une infiltration latérale suit la pluie. Les taches sont localisées, apparaissent ou s'étendent deux à trois jours après un épisode intense, et se concentrent aux points singuliers : joints dégradés, fissures, traversées de conduites, raccords d'étanchéité en pied de façade. Un mur enterré non étanché peut aussi charger en continu lorsque le terrain retient l'eau.

La rupture de canalisation se distingue par sa brutalité. L'eau est claire, l'apparition soudaine, et le compteur tourne alors que tous les robinets sont fermés. Ce cas relève de la recherche de fuite plutôt que d'un budget de rénovation, et c'est le seul des quatre qu'une assurance prend en charge.

Le tableau ci-dessous rapproche les quatre causes de leur traitement et de leur coût sur le marché romand.

CauseSignature sur le murTraitementCoût indicatifDurée
Condensation estivaleTraces diffuses en partie haute, apparition en été, maçonnerie sèche à cœurVentilateur d'extraction régulé sur l'humidité absolue1 500 à 2 500 CHF1 jour
Remontées capillairesFront horizontal stable jusqu'à 80 cm, salpêtre, crépi qui cloqueBarrière d'étanchéité par injection et enduit d'assainissement250 à 600 CHF par m² traité1 à 2 semaines, puis 6 à 8 mois de séchage
Infiltrations latéralesTaches localisées 2 à 3 jours après la pluie, coulures aux joints et aux traverséesÉtanchéité extérieure et drainage périphérique15 000 à 30 000 CHF3 à 6 semaines
Rupture de canalisationApparition soudaine, eau claire, compteur qui tourne robinets fermésRecherche de fuite et réparation ponctuelle1 300 à 4 900 CHFQuelques jours
Les quatre causes d'humidité en cave et leur budget de rénovation en Suisse romande.

Ces quatre régimes se combinent souvent. Une cave qui prend l'eau par un joint dégradé finit par saturer l'air, et l'air saturé condense ensuite sur toutes les parois froides. Traiter la condensation d'une cave qui fuit revient à éponger sans fermer le robinet. La fiche technique de l'Office fédéral de l'énergie consacrée aux caves est explicite sur ce point : l'augmentation de l'humidité dans les sous-sols est généralement imputable à des vices de construction.

Le diagnostic décide du budget avant le premier devis

Un diagnostic instrumenté coûte 800 à 2 000 francs en Suisse romande, sur la base des tarifs horaires publiés par le canton de Vaud pour les mandataires, de 125 à 175 francs de l'heure selon la catégorie. Sur un chantier lourd à 30 000 francs, il pèse moins de 5 % de la dépense et décide si cette dépense a lieu.

Trois mesures suffisent à trancher. L'hygromètre relève l'humidité relative et la température de l'air, à l'intérieur et à l'extérieur, ce qui permet de comparer les humidités absolues et de savoir si l'air du dehors assèche ou mouille la cave. La caméra thermique localise les zones froides et les cheminements d'eau derrière le revêtement. La mesure pondérale, par prélèvement de poudre au forage et réaction au carbure de calcium, donne l'humidité à cœur de la maçonnerie, la seule valeur qui distingue une paroi mouillée en surface d'une paroi gorgée d'eau sur toute son épaisseur.

S'y ajoute une lecture du calendrier. Un relevé unique ne prouve rien : il faut au minimum une campagne de mesures en été et une en hiver, puisque la condensation culmine par temps chaud et les infiltrations pendant la saison des pluies. Un propriétaire pressé qui fait venir une entreprise en août sur une cave qui suinte obtiendra une explication estivale d'un problème parfois structurel, et l'inverse en février.

L'âge du bâtiment oriente la recherche. Selon l'Office fédéral de la statistique, la Suisse comptait 1 800 133 bâtiments à usage d'habitation fin 2024, dont 1 080 429 construits avant 1981, soit 60 % du parc. L'étanchéité systématique des parties enterrées ne s'est généralisée qu'ensuite : sur une maison ancienne, l'absence de coupure capillaire et l'absence de drainage sont la règle plutôt que l'exception, et le diagnostic sert alors à mesurer l'ampleur du défaut davantage qu'à le découvrir.

La condensation estivale, la cave humide la moins chère à corriger

Dans les sous-sols suisses, le pic d'humidité tombe en été. La fiche technique publiée par SuisseEnergie et l'Office fédéral de l'énergie en décembre 2020, fondée sur une étude de la Haute école de Lucerne menée sur mandat fédéral, le formule sans détour : dans les logements, le problème survient surtout en automne et en hiver ; dans les sous-sols, il survient surtout en été.

Cette étude a simulé quatre modes de conditionnement de l'air sur trois types de cave, avec les données climatiques de Zurich, Locarno et Davos. L'aération par une fenêtre basculée laisse subsister un risque de moisissures dans les caves non assainies comme dans les caves assainies. Le chauffage électrique également. Seuls le ventilateur d'extraction piloté par l'humidité absolue et le déshumidificateur suppriment ce risque dans les trois types de cave.

L'écart de consommation entre ces deux solutions équivalentes est spectaculaire. Le ventilateur régulé demande au maximum 0,2 kilowattheure par mètre carré et par an. Le déshumidificateur en demande 78 à 89. Sur les 35 mètres carrés de la cave modélisée, la différence atteint environ 2 700 kilowattheures par an, soit près de 760 francs au tarif 2026 des ménages suisses, que la Commission fédérale de l'électricité chiffre à 27,7 centimes le kilowattheure. Le chauffage électrique grimpe jusqu'à 327 kilowattheures par mètre carré et par an sans régler le problème.

Le principe du ventilateur régulé tient en une ligne : il démarre uniquement lorsque l'air extérieur contient moins de vapeur d'eau que l'air de la cave. Comptez 1 500 à 2 500 francs pour l'appareil, deux percements, l'alimentation électrique et la régulation. Deux précautions accompagnent l'installation. Les déshumidificateurs à adsorption ne sont pas admis dans les caves non isolées, à cause de leur élément chauffant intégré. Et la cave ne se raccorde pas à la ventilation douce du logement, dont les temps de fonctionnement sont incompatibles et qui risque d'y apporter de l'humidité supplémentaire. Ces arbitrages rejoignent ceux de toute rénovation énergétique menée sur un bâtiment existant.

Étanchéité par l'extérieur : le haut du budget de rénovation

Traiter la cause par l'extérieur coûte 15 000 à 30 000 francs pour une villa d'environ 100 mètres carrés de mur enterré, terrassement, étanchéité, isolation périphérique, drainage et remise en état des abords compris. La barrière horizontale par injection de résine, qui bloque les remontées capillaires, se situe entre 250 et 600 francs le mètre carré traité.

Deux normes suisses encadrent ces ouvrages. La SIA 271:2021, Étanchéité des bâtiments, en vigueur depuis le 1er novembre 2021, s'applique aux éléments enterrés qui ne subissent pas d'eau sous pression. La SIA 272:2024, Étanchéité et drainage d'ouvrages enterrés et souterrains, publiée en août 2024, couvre les situations plus exigeantes et traite désormais l'étanchéité, le drainage et la couche de protection comme une seule unité fonctionnelle. Le choix entre les deux dépend du régime hydraulique du terrain, que seule une investigation permet d'établir.

L'étanchéité par l'intérieur, ou cuvelage, revient moins cher et se pose sans terrassement. Elle laisse en revanche la maçonnerie gorgée d'eau derrière la barrière, avec les migrations de sels et les dégradations qui suivent. Elle se justifie lorsque l'extérieur est inaccessible, sous une terrasse maçonnée ou en limite de propriété bâtie, rarement ailleurs.

Le calendrier compte autant que le montant. Un mur traité par injection met six à huit mois à sécher, et aucune finition étanche ne doit être posée avant. Les enduits d'assainissement à pores ouverts se posent sur un support encore humide ; les peintures filmogènes et les doublages isolants, jamais.

Une villa de 1968 à Gland, cave de 92 mètres carrés

Villa individuelle à Gland, cave enterrée sur 2,10 mètres, 38 mètres linéaires de périmètre, environ 80 mètres carrés de mur à traiter. Le diagnostic conclut à des infiltrations latérales et à un début de remontée capillaire sur le mur nord. Le détail du chantier lourd, hors taxe sur la valeur ajoutée :

  • Diagnostic et expertise : 1 400 francs
  • Installation de chantier, accès et sécurisation de la fouille : 1 200
  • Terrassement mécanique de 79 mètres cubes : 2 400
  • Évacuation de 30 mètres cubes de matériaux : 1 800
  • Préparation et ragréage du mur enterré, 80 mètres carrés : 3 200
  • Étanchéité bitumineuse et membrane de protection, 80 mètres carrés : 7 200
  • Isolation périphérique de 10 centimètres, 80 mètres carrés : 2 600
  • Drainage, gravier filtrant, géotextile et deux regards, 38 mètres linéaires : 4 000
  • Ouvrage d'infiltration et raccordement : 2 800
  • Remise en état des abords : 3 000
  • Dossier, autorisation et émoluments : 1 000

Total : 30 600 francs. Si le diagnostic avait conclu à une condensation seule, la même cave aurait été traitée pour 1 900 francs, plus environ cinq francs d'électricité par an. L'écart atteint un facteur seize, et les 1 400 francs du diagnostic représentent 4,6 % de la variante lourde.

En Suisse, un drainage de cave est soumis à autorisation

Un drainage périphérique permanent figure nommément dans le droit fédéral de la protection des eaux. L'art. 32 al. 2 let. d de l'ordonnance sur la protection des eaux soumet à autorisation cantonale, dans les secteurs particulièrement menacés, les drainages et les irrigations permanents. Sa base légale est l'art. 19 al. 2 de la loi fédérale sur la protection des eaux, qui vise la construction et la transformation de bâtiments et d'installations, ainsi que les fouilles, les terrassements et autres travaux analogues, lorsqu'ils peuvent mettre en danger les eaux.

L'alinéa 3 du même article 32 place la charge de la preuve sur le propriétaire : il lui revient de démontrer que les exigences de protection des eaux sont respectées et de produire les documents nécessaires, le cas échéant le résultat des investigations hydrogéologiques. Sur une parcelle située en secteur particulièrement menacé, cette investigation ajoute quelques milliers de francs au budget et plusieurs semaines au calendrier.

L'eau récoltée ne part pas à l'égout. L'art. 7 al. 2 de la loi fédérale impose d'évacuer les eaux non polluées par infiltration, conformément aux règlements cantonaux, et de ne les déverser dans des eaux superficielles que si les conditions locales interdisent l'infiltration. Le règlement lausannois sur l'évacuation et le traitement des eaux du 16 juin 2015 range explicitement les eaux de drainage parmi les eaux claires et subordonne leur infiltration à une autorisation du Département. Brancher un drainage neuf sur la canalisation d'eaux usées reste la faute la plus fréquente et la plus coûteuse à défaire.

À Genève, l'art. 1 al. 1 LCI soumet à autorisation le fait d'élever une installation et celui de modifier la configuration du terrain, et son alinéa 2 ne dispense que les travaux intérieurs d'une villa. S'y ajoute depuis le 4 juillet 2026 l'art. 56 al. 1 de la nouvelle loi sur les eaux du 19 mars 2026 : aucune installation d'assainissement ne peut être établie ou modifiée sans autorisation préalable, les frais d'expertise restant à la charge du propriétaire.

Dans le canton de Vaud, l'art. 103 al. 4 LATC impose d'annoncer tout travail à la Municipalité, qui dispose de trente jours pour trancher l'assujettissement. Le règlement communal des eaux prend ensuite le relais : à Lausanne, aucun travail ne peut commencer sans autorisation municipale, la Municipalité peut exiger un essai d'infiltration et l'imposer si elle s'avère réalisable, et le propriétaire doit l'aviser avant le remblayage de la fouille.

À Fribourg, l'art. 87 al. 1 let. a du règlement d'exécution de la LATeC dispense de permis les travaux d'entretien et de réparation, ce qui couvre une reprise d'étanchéité à l'identique. Le raccordement souterrain au réseau passe en procédure simplifiée selon l'art. 85 al. 1 let. d1, et l'art. 110 al. 2 let. b oblige à aviser le conseil communal pour le contrôle de la pose des canalisations extérieures. Une dispense de permis de construire ne vaut jamais dispense d'autorisation de protection des eaux.

Le même chantier suit donc trois chemins administratifs distincts.

CantonDroit des constructionsProtection des eauxContrôle de chantier
GenèveAutorisation LCI (art. 1 al. 1 let. a et d) ; dispense limitée à l'intérieur des villasAutorisation préalable (art. 56 al. 1 LEaux-GE) ; frais d'expertise à charge du propriétaireDépartement du territoire
Canton de VaudAnnonce à la Municipalité (art. 103 al. 4 LATC) ; 30 jours pour trancher l'assujettissementAutorisation communale (Lausanne, art. 22 al. 1) ; essai d'infiltration exigibleAvis obligatoire avant remblayage de la fouille
FribourgEntretien et réparation dispensés (art. 87 al. 1 let. a ReLATeC) ; raccordement en procédure simplifiée (art. 85 al. 1 let. d1)Autorisation cantonale si le secteur est particulièrement menacéContrôle à la pose des canalisations extérieures (art. 110 al. 2 let. b ReLATeC)
Socle fédéralart. 22 al. 1 LAT pour toute construction ou installationart. 19 al. 2 LEaux et art. 32 al. 2 let. d OEaux ; preuve à charge du requérant (art. 32 al. 3 OEaux)Destination des eaux imposée par l'art. 7 al. 2 LEaux
Le même drainage périphérique, trois régimes d'autorisation en Suisse romande.

Aucune assurance bâtiment suisse ne couvre l'humidité d'une cave

Dix-neuf cantons sur vingt-six confient l'assurance du bâtiment à un établissement public, et ces établissements excluent précisément ce qui rend une cave humide. Le document d'information aux assurés de l'ECA, l'établissement cantonal vaudois, écarte dans son chapitre Exclusions les dommages occasionnés par les eaux souterraines, la crue ou le débordement périodique des cours ou des nappes d'eau, ainsi que par les ruptures de conduites, les infiltrations d'eau, l'engorgement et le refoulement des eaux dans les canalisations, quelle qu'en soit la cause.

Le même chapitre exclut les dommages dus au mauvais état du terrain, du bâtiment, de fondations ou d'isolation, et aux fondations insuffisantes. Trois exclusions se cumulent donc sur une seule et même cave, et aucune franchise n'entre en jeu puisque le sinistre n'est simplement pas couvert.

L'Établissement cantonal d'assurance des bâtiments de Fribourg est encore plus direct. Sa liste publiée des risques non couverts comprend une ligne intitulée infiltrations d'eau, remontées capillaires, humidité, et une autre visant les eaux souterraines et les refoulements de canalisations sous réserve de convention contraire. Ses règles de délimitation entre assurance des bâtiments et assurance du mobilier, du 30 octobre 1998, classent par ailleurs les conduites et drainages extérieurs en tous genres hors de l'assurance du bâtiment.

Genève n'a pas d'établissement cantonal : le bâtiment s'y assure sur le marché privé, avec des exclusions de même nature. Une seule ouverture subsiste, valable dans les trois cantons. La rupture soudaine d'une conduite relève de l'assurance dégâts d'eau, qui prend en charge le dommage causé aux ouvrages et aux biens, jamais la remise à niveau de l'étanchéité du bâtiment. Un propriétaire qui déclare une cave humide comme un dégât d'eau obtient un refus et, s'il insiste, une inscription au fichier des sinistres.

La charge se répartit donc ainsi selon le canton.

CantonAssureur du bâtimentEaux souterraines et infiltrationsQui paie le drainage
Canton de VaudECA, monopole cantonalExclues, avec le mauvais état des fondations et de l'isolationLe propriétaire
FribourgECAB, monopole cantonalExclues nommément : infiltrations d'eau, remontées capillaires, humiditéLe propriétaire ; le drainage extérieur sort de l'assurance du bâtiment
GenèveMarché privé, pas d'établissement cantonalHors de la couverture dégâts d'eau ordinaireLe propriétaire
Dans les trois cantonsAssurance dégâts d'eau privéeCouvre la rupture soudaine d'une conduite, non l'humidité structurelleL'assureur, pour le seul dommage causé
Ce que les assurances bâtiment romandes prennent en charge dans une cave humide.

Cave louée, cave en copropriété, cave achetée : qui supporte le budget

Le locataire dispose d'un barème chiffré

Une cave humide louée constitue un défaut de la chose louée. L'art. 259a CO ouvre au locataire la remise en état, la réduction proportionnelle du loyer, des dommages-intérêts et la consignation ; l'art. 259d CO fait courir la réduction dès que le bailleur a connaissance du défaut et jusqu'à son élimination. Le Pouvoir judiciaire genevois publie un tableau synoptique de ces réductions, adossé à la jurisprudence de la Cour de justice : 5 % pour une inondation de caves, 10 % pour un manque d'étanchéité de cave, 15 % pour une infiltration importante entraînant un taux d'humidité élevé.

Sur un loyer de 2 000 francs par mois, 10 % représentent 2 400 francs par an. Un bailleur qui laisse traîner deux ans a donc financé la moitié d'un traitement de condensation sans rien traiter, et l'art. 259b CO permet au locataire, passé un délai convenable, de faire exécuter les travaux aux frais du bailleur.

En copropriété, la décision ne vous appartient pas seul

Le mur enterré et la dalle relèvent des parties communes. L'art. 712b al. 2 CC exclut du droit exclusif les parties importantes pour l'existence, la disposition et la solidité du bâtiment, ainsi que les ouvrages et installations qui servent aussi aux autres copropriétaires. Un copropriétaire ne peut donc commander seul une étanchéité extérieure, même lorsque l'humidité ne touche que sa propre cave.

La qualification des travaux joue en votre faveur. Une reprise d'étanchéité et un drainage maintiennent la valeur et l'utilité du bâtiment : ils relèvent de l'art. 647c CC, qui exige la majorité de tous les copropriétaires, et non la double majorité de l'art. 647d ni l'unanimité de l'art. 647e. Faire qualifier le projet de travaux nécessaires dès la convocation de l'assemblée évite un blocage par une minorité de copropriétaires dont la cave est sèche.

L'acheteur a 60 jours depuis le 1er janvier 2026

Depuis le 1er janvier 2026, l'acheteur d'un immeuble dispose de 60 jours pour signaler les défauts au vendeur, et de 60 jours dès leur découverte pour les défauts cachés. L'art. 219a CO, créé par la révision du Code des obligations sur les défauts de construction du 20 décembre 2024, précise que toute convention imposant un délai plus court est nulle. L'action se prescrit par cinq ans dès le transfert de propriété, délai que le contrat ne peut pas raccourcir au détriment de l'acheteur. Auparavant, l'avis devait être donné immédiatement, ce qui écartait une bonne partie des réclamations.

La clause d'exclusion de garantie, systématique dans les actes romands, ne protège pas un vendeur qui savait. Le Tribunal fédéral l'a rappelé le 20 novembre 2025 dans une affaire valaisanne (arrêt 4A_128/2025). Un chalet vendu 1,7 million de francs en 2015, avec exclusion totale de garantie couvrant même les défauts cachés et mention expresse de la vétusté. Deux ans plus tard, les acquéreuses découvrent des remontées d'eau par capillarité sur les murs porteurs et un collecteur d'eaux claires enterré en très mauvais état, dont la rupture avait été constatée en 2014 puis tue. La clause est nulle au regard de l'art. 199 CO pour dissimulation frauduleuse, l'assainissement chiffré à 50 000 francs reste à la charge de la venderesse, et le recours est rejeté.

Deux points de cet arrêt servent directement un acheteur. La vétusté annoncée d'un bâtiment ne vaut pas connaissance présumée de ses défauts. Et une installation enterrée n'étant décelable que par inspection, l'acquéreur qui n'a pas creusé n'a rien à se reprocher. Pour figer les constatations avant tout procès, l'art. 158 al. 1 let. b CPC permet de requérir une preuve à futur dès qu'un intérêt digne de protection est rendu vraisemblable, la voie qu'avaient suivie les acquéreuses valaisannes.

Dix décisions dans l'ordre, du premier signe au devis signé

L'ordre des opérations pèse autant que le choix du prestataire. Une entreprise appelée avant le diagnostic proposera le procédé qu'elle maîtrise, ce qui explique l'écart entre les deux devis du début.

  • Photographier et dater les traces, en notant leur hauteur au-dessus du sol et la météo des jours précédents.
  • Poser un thermo-hygromètre dans la cave et un second à l'extérieur, puis relever les deux pendant un mois d'été et un mois d'hiver.
  • Vérifier le compteur d'eau tous robinets fermés, pour écarter une fuite avant tout le reste.
  • Commander un diagnostic instrumenté à un mandataire indépendant de toute entreprise de travaux, avec mesure pondérale à cœur du mur.
  • Exiger du rapport une conclusion explicite sur la cause dominante et sur le régime hydraulique du terrain.
  • Consulter la carte cantonale de protection des eaux pour savoir si la parcelle se trouve en secteur particulièrement menacé.
  • Interroger la commune sur le régime d'autorisation applicable et sur la destination admise des eaux de drainage.
  • En copropriété, faire inscrire les travaux à l'ordre du jour de l'assemblée sous l'angle de l'art. 647c CC.
  • Demander trois offres sur un cahier des charges identique, référencé à la SIA 271 ou à la SIA 272 selon le régime hydraulique retenu.
  • Programmer l'avis à la commune avant remblayage et faire photographier la fouille ouverte, mur nu et drain posé, avant fermeture.

Deux vérifications complètent la liste lorsque la cave doit changer d'usage. La concentration de radon se mesure avant toute transformation en pièce habitable, le niveau de référence étant fixé à 300 becquerels par mètre cube en moyenne annuelle par l'art. 155 al. 2 de l'ordonnance sur la radioprotection. Et à Genève, l'art. 127 LCI interdit d'utiliser pour l'habitation des locaux dont le plancher se situe sous le niveau du sol adjacent : une cave assainie y reste une cave, alors que l'aménagement d'un sous-sol en habitation obéit ailleurs à des règles de hauteur et d'éclairage précises.

Les deux entreprises du premier paragraphe avaient raison chacune dans un scénario et tort dans l'autre. Un thermo-hygromètre à 40 francs et une mesure pondérale à cœur du mur auraient tranché en quelques semaines lequel des deux devis engager, et évité 28 700 francs de travaux dans un cas sur deux. Le poste le plus rentable du budget d'une cave humide est celui qui ne construit rien.

Nous établissons des diagnostics d'humidité indépendants des entreprises de travaux et pilotons les dossiers d'autorisation auprès des communes et des services cantonaux de protection des eaux, à Genève, dans le canton de Vaud et à Fribourg. Écrivez-nous avec vos photos et vos relevés d'hygromètre : nous vous dirons quelle mesure manque avant de demander le premier devis.

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