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Norme SIA 261 : les actions sur structures portantes expliquées au maître d'ouvrage

La majorité des bâtiments suisses ne répondent pas, ou pas assez, aux normes parasismiques actuelles. Intégrées dès la conception d'un bâtiment neuf, les exigences parasismiques de la SIA 261 ajoutent pourtant moins de 1% au coût de construction.

Norme SIA 261 : les actions sur structures portantes expliquées au maître d'ouvrage

Neige, vent, séismes : votre bâtiment subit des forces invisibles que seule une norme quantifie avec précision. La norme SIA 261, intitulée "Actions sur les structures porteuses", fixe les charges que chaque construction en Suisse doit supporter. Notre constat après des années de pratique en Suisse romande : cette norme reste largement méconnue des maîtres d'ouvrage, alors qu'elle conditionne directement la sécurité, la durabilité et le coût de leur projet.

Le constat qui résume le problème : la majorité des bâtiments suisses ne répondent pas, ou pas assez, aux normes parasismiques actuelles, selon le Service Sismologique Suisse (ETH Zurich). Pourtant, intégrer les exigences parasismiques de la SIA 261 dès la conception d'un bâtiment neuf représente moins de 1% de surcoût. Rattraper cette lacune sur un bâtiment existant ? De 0,4 à 29% de sa valeur dans les exemples publiés par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Cet article vous explique ce que couvre concrètement la SIA 261, comment elle varie selon votre localisation en Suisse romande, et les questions précises à poser à votre architecte pour protéger votre investissement.

Qu'est-ce que la norme SIA 261 et pourquoi vous concerne-t-elle ?

La norme SIA 261:2020 "Actions sur les structures porteuses" est le document de référence qui définit toutes les forces extérieures qu'une structure doit pouvoir encaisser en Suisse. Publiée par la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA), elle s'inscrit dans une famille de normes allant de SIA 260 (bases de calcul) à SIA 267 (géotechnique), chaque numéro traitant soit des actions, soit d'un matériau de construction spécifique ou du terrain.

Concrètement, la SIA 261 couvre les poids propres et densités des matériaux, les charges d'exploitation (ce que le bâtiment supporte en usage courant), les actions de l'incendie, les charges de neige (chapitre 5), les charges de vent (chapitre 6), les effets thermiques, et les actions sismiques (chapitre 16). Elle s'accompagne de la SIA 261/1, une norme complémentaire qui traite spécifiquement de la grêle, de la pression de la neige qui glisse sur une pente, et des dangers naturels gravitationnels comme les crues, les glissements de terrain ou les avalanches.

Pourquoi cela vous concerne en tant que maître d'ouvrage ? Parce que la SIA 261 est reconnue comme "règle de l'art" en Suisse. Même dans les cantons qui ne l'exigent pas explicitement dans la procédure de permis de construire, un tribunal se référera à cette norme en cas de sinistre. Si votre bâtiment ne la respecte pas et qu'un dommage survient, la responsabilité peut retomber sur vous, sur votre architecte, ou sur votre ingénieur civil.

Les trois classes d'ouvrage selon la SIA 261

La norme classe chaque bâtiment en trois catégories selon son risque et son importance. Cette classification détermine le niveau d'exigence structurelle à atteindre.

  • CO I (classe d'ouvrage I) : bâtiments courants occupés en moyenne par 50 personnes au plus, comme une villa individuelle ou un petit immeuble locatif. C'est la classe la plus fréquente pour les projets résidentiels.
  • CO II : bâtiments à occupation plus élevée ou à fonction publique, comme un grand immeuble de bureaux ou une salle de sport.
  • CO III : infrastructures critiques dont la fonction doit être maintenue après un événement majeur, comme les hôpitaux d'urgence, les casernes de pompiers ou les garages d'ambulances. Les exigences structurelles y sont nettement plus élevées.

La classe d'ouvrage de votre projet influence directement le dimensionnement de la structure et, par conséquent, le budget de gros-oeuvre. Un bâtiment CO III en zone sismique élevée nécessitera des fondations et un système porteur bien plus robustes qu'une villa CO I dans la même zone.

Neige, vent, séismes : les actions sur structures portantes que la SIA 261 quantifie

Maintenant que le cadre général est posé, entrons dans le détail des forces que la norme quantifie. Trois d'entre elles sont particulièrement déterminantes pour les projets en Suisse romande, car elles varient fortement selon la localisation de votre parcelle.

Les charges de neige (chapitre 5)

La SIA 261 définit les charges de neige caractéristiques en fonction de l'altitude et de la zone géographique. Un chalet à 1'200 mètres dans les Préalpes vaudoises ne supporte pas la même masse de neige qu'un immeuble au bord du lac Léman. La révision de 2020 a d'ailleurs majoré le coefficient de forme pour les toitures horizontales de grande surface, un détail technique qui peut changer le dimensionnement d'un toit plat sur un immeuble collectif.

Pour un maître d'ouvrage, la conséquence pratique est simple : un projet en altitude nécessitera une charpente plus solide (et plus coûteuse) qu'un projet en plaine. Depuis le 1er avril 2026, la SIA publie sur son site la carte révisée de l'altitude de référence qui sert à calculer la charge de neige ; l'ingénieur civil en déduit la valeur pour votre parcelle.

Les charges de vent (chapitre 6)

Le vent exerce des pressions et des dépressions sur les façades et la toiture. La SIA 261 découpe la Suisse en zones de vent avec des pressions de référence différentes. La révision de 2020 a précisé les excentricités pour le calcul des contraintes de torsion causées par le vent, et mis à jour les coefficients de pression applicables aux angles de façade (Annexe C).

En Suisse romande, les sites exposés au foehn ou à la bise connaissent des charges de vent sensiblement supérieures à celles du Plateau. Si vous construisez sur un site dégagé en hauteur, attendez-vous à des exigences structurelles plus importantes sur les fixations de façade et de toiture.

Les actions sismiques (chapitre 16)

C'est le chapitre qui a subi la plus grande refonte lors de la révision de 2020, sur la base du modèle d'aléa sismique de 2015 du Service Sismologique Suisse. La SIA 261 classe les terrains de fondation en six catégories (A à F), allant de la roche dure (classe A) aux sols particuliers comme la tourbe ou la craie lacustre (classe F) ; ces classes existent depuis l'édition de 2003. Cette classification, harmonisée avec l'Eurocode 8 (norme européenne SN EN 1998-1), détermine comment le sol amplifie ou atténue les ondes sismiques sous votre bâtiment.

Le Service Sismologique Suisse estime qu'un séisme dommageable (intensité VI ou plus) a environ 75% de probabilité de se produire en Suisse dans les 100 prochaines années. Ce n'est pas une hypothèse théorique : c'est une probabilité statistique qui justifie à elle seule l'existence de ce chapitre.

Zones sismiques en Suisse romande : pourquoi votre commune change tout

Ces données techniques prennent une dimension très concrète lorsqu'on les projette sur la carte de la Suisse romande. La norme SIA 261 découpe le territoire en cinq zones sismiques (Z1a, Z1b, Z2, Z3a et Z3b), et les différences entre elles sont considérables.

  • Genève se situe en zones Z1a et Z1b, les plus faibles. Les exigences sismiques y sont modérées, mais elles existent.
  • Le Plateau romand (Lausanne, Fribourg, Neuchâtel) occupe les zones Z1a à Z1b, avec un aléa relativement faible mais non nul. La Riviera vaudoise (Vevey, Montreux) et la majeure partie de la Gruyère et de la Veveyse (Bulle, Châtel-Saint-Denis) sont en zone Z2, le Chablais vaudois en Z3a (Aigle) et Z3b (Bex).
  • Le Valais concentre les zones Z3a et Z3b, soit l'aléa sismique le plus élevé de Suisse. Sion, Viège et leurs environs exigent un dimensionnement parasismique nettement plus important.

La conséquence pour votre projet est directe. Un même plan de villa construit à Genève et à Sion ne donnera pas le même devis de gros-oeuvre. En zone Z3b, les fondations, les murs porteurs et les connexions entre éléments structurels doivent être dimensionnés pour résister à des accélérations au sol bien supérieures. L'ingénieur civil adapte ses calculs en fonction de la zone sismique, de la classe de terrain de fondation, et de la classe d'ouvrage.

Un point souvent négligé : selon le Service Sismologique Suisse, seuls 8 cantons imposent des règles parasismiques spécifiques dans la procédure de permis de construire. Parmi eux, en Suisse romande, on trouve Fribourg, le Jura et le Valais. Les cantons de Vaud et Genève ne figurent pas dans cette liste, ce qui ne signifie pas que la norme ne s'applique pas. Dans le canton de Vaud, le règlement d'application de la loi sur l'aménagement du territoire et les constructions (RLATC, art. 20) impose les normes de résistance de la SIA ; partout, la norme reste la règle de l'art, et un architecte ou un ingénieur qui ne la respecte pas engage sa responsabilité professionnelle.

Le vrai coût des exigences parasismiques de la SIA 261 : moins de 1% si vous anticipez

Reste la question du budget, probablement la plus fréquente chez les maîtres d'ouvrage. Voici la réalité chiffrée, confirmée par le Service Sismologique Suisse (ETH Zurich) : pour une construction neuve, le respect des exigences parasismiques de la SIA 261 représente moins de 1% du coût total de construction, à condition que l'architecte et l'ingénieur collaborent dès la phase de conception.

Ce surcoût quasi invisible s'explique simplement. Quand la norme est intégrée dès le départ, l'ingénieur dimensionne les éléments porteurs correctement du premier coup. Il n'y a pas de reprises, pas de renforcements, pas de modifications structurelles. Les choix de matériaux et de géométrie tiennent compte des charges de neige, de vent et sismiques dès l'esquisse.

La situation est radicalement différente pour les bâtiments existants. L'OFEV ne donne pas de coût moyen : dans les 22 exemples de bâtiments suisses dont il a publié le coût en 2008, le confortement parasismique a coûté de 0,4 à 29% de la valeur du bâtiment. Un exemple parlant : la caserne des pompiers de Bâle, construite en 1942, a nécessité 3 millions de francs de travaux de confortement parasismique, soit 23% de la valeur du bâtiment, pour atteindre le niveau de sécurité exigé d'un bâtiment neuf.

Ce contraste spectaculaire livre un enseignement clair. L'intégration de la SIA 261 dès la conception est une assurance bon marché contre des travaux correctifs futurs qui peuvent s'avérer compliqués et coûteux. C'est pourquoi, dans nos missions d'architecture, nous impliquons l'ingénieur civil dès les premières esquisses.

Mon bâtiment existant est-il aux normes ?

Si vous possédez un bâtiment construit avant 2003 (date à laquelle les normes parasismiques modernes ont été significativement renforcées), il y a de fortes chances qu'il ne soit pas pleinement conforme à la SIA 261 actuelle. La norme SIA 269/8, qui a remplacé en 2017 le cahier technique SIA 2018, fixe une méthode d'évaluation standardisée, basée sur un facteur de conformité (αeff).

  • Si αeff est inférieur à 0,25 (ou 0,40 pour les écoles, les jardins d'enfants, les ouvrages qui ont une fonction d'infrastructure importante et les bâtiments critiques CO III) : la sécurité est insuffisante et des améliorations sont obligatoires.
  • Si αeff se situe entre ce seuil minimal (0,25 ou 0,40) et 1,0 : la sécurité est déficiente et des améliorations doivent être réalisées, si elles sont proportionnées.
  • Si αeff est égal ou supérieur à 1,0 : le bâtiment atteint le niveau de sécurité exigé pour une construction neuve.

Si vous envisagez une rénovation importante ou un changement d'affectation, c'est le moment idéal pour demander une évaluation parasismique. Les coûts de confortement sont largement réduits quand ils sont combinés à des travaux déjà prévus.

Ce que tout maître d'ouvrage doit vérifier avec son architecte

Au fil de cet article, nous avons vu que la norme SIA 261 n'est pas un document réservé aux ingénieurs. Elle structure les décisions fondamentales de votre projet, de la résistance au séisme jusqu'à la charge de neige sur votre toiture. Voici les questions concrètes à poser lors de vos prochaines réunions de projet. Vous pouvez nous contacter si vous souhaitez approfondir l'un de ces points.

  • Dans quelle zone sismique se situe ma parcelle, et quelle classe de terrain de fondation (A à F) s'applique ? Ces deux paramètres conditionnent tout le dimensionnement parasismique.
  • Quelle est la classe d'ouvrage (CO I, II ou III) de mon projet ? Si votre bâtiment accueille du public ou une activité sensible, la classe sera plus élevée et les exigences renforcées.
  • La charge de neige caractéristique a-t-elle été calculée selon la SIA 261:2020 ? Pour les projets en altitude, cette valeur est déterminante pour le choix de la charpente.
  • L'ingénieur civil a-t-il été impliqué dès la phase d'esquisse ? Rappelons-le : c'est la condition pour que le surcoût parasismique reste sous la barre de 1%.
  • Pour un bâtiment existant : une évaluation selon la norme SIA 269/8 a-t-elle été réalisée ? Quel est le facteur de conformité αeff ?

La norme SIA 261 est, au fond, la traduction chiffrée d'un principe simple : un bâtiment doit être conçu pour résister aux forces que la nature lui imposera pendant toute sa durée de vie. En Suisse romande, ces forces varient considérablement d'une commune à l'autre, du bord du lac Léman aux vallées du Valais. Comprendre ces variations et les intégrer tôt dans la conception, c'est protéger à la fois la sécurité des occupants et la valeur de votre patrimoine immobilier. Si votre projet inclut une dimension énergétique, notre page dédiée à la rénovation énergétique vous permettra de combiner performance structurelle et efficacité thermique, un duo souvent gagnant lorsqu'il est planifié conjointement.

Questions fréquentes sur la norme SIA 261 : charges et séismes

Qu'est-ce que la norme SIA 261 et à quoi sert-elle ?

La norme SIA 261, « Actions sur les structures porteuses », fixe les charges et les forces que la structure d'un bâtiment doit supporter en Suisse, notamment le poids du bâtiment, l'utilisation des locaux, la neige, le vent, la température, l'incendie, les chocs, les explosions et les séismes. Elle est publiée par la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA) ; l'édition valable date de 2020 et son dernier rectificatif s'applique depuis le 1er avril 2026.

L'ingénieur civil s'en sert pour calculer la structure, avec la norme SIA 260 (bases de calcul) et les normes SIA 262 à 267 (béton, acier, construction mixte acier-béton, bois, maçonnerie, géotechnique). Pour un bâtiment existant, ce sont les normes de la série SIA 269 qui s'appliquent.

La norme SIA 261 est-elle obligatoire pour construire ou rénover en Suisse ?

Oui pour une construction neuve : la norme SIA 261 est une norme privée de la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA), que la plupart des lois cantonales rendent obligatoire en exigeant des bâtiments sûrs et conformes aux règles reconnues de la technique. En Suisse romande :

  • Fribourg : la loi sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATeC) impose les normes de structures porteuses de la SIA aux nouvelles constructions ;
  • Canton de Vaud : le règlement d'application de la loi sur l'aménagement du territoire et les constructions (RLATC) impose les normes de résistance de la SIA ;
  • Genève : la loi sur les constructions et les installations diverses (LCI) exige des constructions sûres en tout temps, sans citer la norme.

Pour rénover ou transformer un bâtiment existant, ce sont les normes de la série SIA 269 qui s'appliquent, dont la norme SIA 269/8 pour les séismes.

Dans quelle zone sismique se trouve ma commune en Suisse romande ?

Le canton de Genève et la plupart des communes fribourgeoises et du Plateau vaudois sont en zone sismique Z1a ou Z1b, les moins exposées ; le Chablais et le Valais central sont en Z3a ou Z3b, les plus exposées. Selon la carte 2020 de la norme SIA 261 :

  • Genève : Z1b pour la ville, Carouge, Lancy et l'est ; Z1a pour le nord et l'ouest (Versoix, Meyrin, Vernier) ;
  • Canton de Vaud : Z1b pour Lausanne, Nyon, Morges et Yverdon-les-Bains ; Z2 pour Vevey et Montreux ; Z3a pour Aigle ; Z3b pour Bex ;
  • Fribourg : Z1b, sauf la majeure partie de la Gruyère et de la Veveyse (Bulle, Châtel-Saint-Denis), en Z2 ;
  • Valais : Z3a à Monthey, Z3b à Martigny, Sion et Sierre.

Vérifiez votre parcelle sur map.geo.admin.ch (couche « Zones sismiques SIA261 »). L'ingénieur civil y ajoute la classe du sol de fondation, de A (roche dure) à F (tourbe, craie lacustre).

Quelle charge un plancher ou un balcon doit-il supporter selon la norme SIA 261 ?

Dans une maison ou un appartement, un plancher est calculé pour une charge d'utilisation de 2 kN/m² (kilonewtons par mètre carré), soit environ 200 kg par m² sur toute la surface, selon la norme SIA 261. La norme fixe aussi :

  • balcon : 3 kN/m², environ 300 kg/m² ;
  • escalier : 4 kN/m², environ 400 kg/m² ;
  • toit accessible seulement pour l'entretien : 0,4 kN/m², environ 40 kg/m² ; un toit-terrasse se calcule avec la valeur de son usage, celle d'un logement ou d'un balcon pour une maison.

Ces charges s'ajoutent au poids de la structure. Un objet lourd posé sur une petite surface dépasse vite ces valeurs : 1'000 kg sur 2 m² font 500 kg par m². Avant d'installer un spa ou une bibliothèque chargée, d'aménager un toit-terrasse ou de transformer des combles en habitation, faites vérifier le plancher ou la dalle par un ingénieur civil.

Quelle classe d'ouvrage la norme SIA 261 attribue-t-elle à une villa, un immeuble ou une école ?

Une villa ou un immeuble d'habitation occupé en moyenne par 50 personnes au plus relève de la classe d'ouvrage I (CO I), la moins exigeante de la norme SIA 261, et une école de la classe d'ouvrage II (CO II). La norme prévoit trois classes :

  • CO I : habitations, bureaux, bâtiments artisanaux et industriels, parkings ;
  • CO II : bâtiments occupés en moyenne par plus de 50 personnes ; écoles, jardins d'enfants et bâtiments de l'administration publique pouvant accueillir plus de 10 personnes ; centres commerciaux, stades, cinémas, théâtres et églises pouvant accueillir plus de 500 personnes ;
  • CO III : ouvrages qui doivent rester en service après un séisme, comme les hôpitaux d'urgence, les casernes de pompiers et les garages d'ambulances.

Les efforts sismiques retenus pour le calcul sont multipliés par 1,0 en CO I, 1,2 en CO II et 1,5 en CO III.

Quelle charge de neige mon toit doit-il supporter selon la norme SIA 261 ?

Selon la norme SIA 261, la charge de neige au sol est d'environ 0,9 kN/m² (kilonewtons par mètre carré, environ 90 kg/m²) pour une altitude de référence de 400 m et de 7,75 kN/m² (environ 790 kg/m²) pour 1'500 m. Pour les altitudes intermédiaires, la norme donne :

  • 700 m : 2 kN/m², environ 200 kg/m² ;
  • 1'000 m : 3,7 kN/m², environ 370 kg/m².

L'altitude de référence est une altitude corrigée selon la région ; depuis le 1er avril 2026, la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA) publie la carte révisée de cette altitude uniquement en format numérique, sur son site. À partir de l'altitude de référence, l'ingénieur civil calcule la charge sur le toit selon sa pente, sa forme et son exposition au vent. Au-dessus de 2'000 m d'altitude, la norme ne fixe plus la charge de neige : une étude propre au bâtiment est nécessaire.

Combien coûte le respect des normes parasismiques pour une maison neuve en Suisse ?

Pour une maison neuve, respecter les exigences parasismiques de la norme SIA 261 représente au plus 1 % du coût de construction, selon l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Ce chiffre suppose que l'architecte et l'ingénieur civil conçoivent la structure ensemble dès le début du projet. Pour une maison de 150 m² dont le coût de construction est estimé à 720'000 CHF, honoraires et TVA compris (standard courant, région lémanique, précision de ± 30 %), cela donne un ordre de grandeur de 7'200 CHF au plus. Selon l'OFEV, améliorer la résistance au séisme après coup peut devenir compliqué et coûteux.

Ma maison ancienne doit-elle être mise aux normes sismiques si je la rénove ?

Non, une maison existante n'a pas à atteindre le niveau parasismique d'une construction neuve. Pour un bâtiment d'habitation, la norme SIA 269/8, qui traite des séismes dans les bâtiments existants, exige un facteur de conformité (αeff) d'au moins 0,25, soit 25 % des exigences sismiques d'un bâtiment neuf, et davantage seulement si le gain de sécurité justifie le coût des travaux. Pour une maison individuelle traditionnelle de deux étages au plus, sans défaut grave visible, l'Office fédéral de l'environnement juge en général disproportionné d'examiner sa sécurité sismique.

Un examen par un ingénieur civil est indiqué lors d'une transformation majeure, en particulier en cas de :

  • intervention importante sur le bâtiment ;
  • changement d'affectation ;
  • travaux de plus de 1 million de francs ou de 10 % de la valeur assurée.

Dans le canton de Fribourg, une transformation notable ou un changement d'affectation exige une attestation de conformité aux normes SIA.

Combien coûte le renforcement parasismique d'un bâtiment existant ?

Le renforcement parasismique d'un bâtiment existant a coûté de 0,4 % à 29 % de sa valeur dans les 22 bâtiments suisses chiffrés en 2008 par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), qui ne donne pas de prix moyen. Le coût varie selon la gravité des défauts et baisse quand les travaux sont combinés à une rénovation déjà prévue. Trois de ces exemples :

  • lycée Neufeld à Berne, joint de séparation des dalles refermé lors d'une rénovation complète : 0,3 million de francs, soit 0,7 % ;
  • trois immeubles d'habitation des années 1970 à Fribourg, quatre murs en béton armé ajoutés contre les façades : 1,7 million, soit 7,4 % ;
  • caserne des pompiers de Bâle, étages séparés du sous-sol et posés sur des appuis sismiques : 3 millions, soit 23 %.

Une intervention localisée, comme fermer un joint ou renforcer un seul étage, coûte moins que des murs de stabilisation ajoutés sur toute la hauteur.

Faut-il joindre une attestation parasismique à ma demande de permis de construire en Suisse romande ?

Le Valais exige un formulaire parasismique avec la demande de permis de construire ; le canton de Fribourg impose au propriétaire une attestation de conformité aux normes SIA ; la réglementation genevoise ne prévoit aucun document parasismique.

  • Valais : les plans montrent les éléments parasismiques et sont accompagnés du formulaire cantonal ;
  • Fribourg : l'attestation, établie par une personne qualifiée, vaut pour une construction nouvelle, une transformation notable ou un changement d'affectation (art. 58 du règlement sur l'assurance immobilière, RECAB) ; pour construire une école ou un bâtiment accueillant en moyenne plus de 50 personnes, la demande contient un concept parasismique ;
  • Genève : le département chargé des constructions peut toutefois demander des calculs statiques ;
  • Canton de Vaud : les plans d'une construction qui nécessite des calculs de résistance doivent être établis par un ingénieur.

La norme SIA 261 s'applique partout, même sans document à joindre.

Qui est responsable du respect de la norme SIA 261 : le propriétaire, l'architecte ou l'ingénieur civil ?

Le propriétaire répond en premier lieu des dommages que son bâtiment cause à autrui par un vice de construction ou un défaut d'entretien, y compris lors d'un séisme (art. 58 du Code des obligations) ; il peut ensuite se retourner contre les professionnels responsables envers lui. L'ingénieur civil calcule la structure et garantit qu'elle respecte la norme SIA 261 et les autres normes SIA de structures porteuses ; l'architecte l'associe dès la conception et coordonne les mesures parasismiques sur le chantier.

Qu'est-ce que la norme SIA 261/1 et en quoi complète-t-elle la norme SIA 261 ?

La norme SIA 261/1, « Actions sur les structures porteuses, spécifications complémentaires », complète la norme SIA 261, surtout pour les dangers naturels. Valable depuis le 1er novembre 2020, elle traite des crues, des glissements de terrain, des laves torrentielles, des chutes de pierres, de blocs et de glace, des avalanches, de la pression de la neige qui glisse sur une pente et de la grêle, avec une carte des zones de grêle et des classes de résistance à la grêle. Elle couvre aussi les études sismiques propres à un site, les coffrages, le trafic routier, les ponts roulants et les silos.

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