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Rénovation énergétique des immeubles locatifs : obligations, subventions et stratégie

CECB, IDC, Programme Bâtiments : comprendre les obligations et les aides financières pour la rénovation énergétique de votre immeuble.

Artisan posant de l isolation thermique en laine de verre dans les murs d un bâtiment

Rénovation énergétique des immeubles locatifs

La rénovation énergétique des immeubles locatifs est devenue un enjeu central pour les propriétaires institutionnels et privés en Suisse. Entre durcissement réglementaire, hausse des prix de l'énergie et attentes croissantes des locataires, repousser les travaux coûte de plus en plus cher.

Cet article fait le point sur les obligations, les subventions disponibles et les stratégies pour mener à bien une rénovation énergétique rentable.

Le contexte réglementaire en 2026

La Suisse s'est engagée à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Le secteur du bâtiment représente environ 40 % de la consommation énergétique du pays et 24 % des émissions de CO₂. Les immeubles locatifs, souvent anciens et mal isolés, sont en première ligne.

Le MoPEC et les cantons

Le Modèle de prescriptions énergétiques des cantons (MoPEC 2014) fixe un cadre commun, mais chaque canton l'applique à sa manière :

Genève : l'indice de dépense de chaleur (IDC) est obligatoire pour tous les bâtiments. Au-dessus de 800 MJ/m²·an, des travaux d'assainissement sont exigés. La loi sur l'énergie (LEn) genevoise impose également le remplacement des chauffages à mazout en fin de vie.

Vaud : la loi cantonale sur l'énergie (LVLEne) impose un audit énergétique lors de la vente ou de la rénovation lourde. Le CECB devient un outil de référence.

Fribourg : le canton suit le MoPEC avec des exigences renforcées pour les chauffages fossiles.

Le CECB : un outil incontournable

Le Certificat Énergétique Cantonal des Bâtiments (CECB) est l'équivalent suisse du diagnostic de performance énergétique. Il classe les bâtiments de A (très performant) à G (très énergivore).

Le CECB Plus va plus loin : il propose des variantes de rénovation chiffrées, avec estimation des coûts, des économies d'énergie et du retour sur investissement.

Pour un immeuble locatif, le CECB Plus est pratiquement indispensable :

• Il est exigé pour obtenir les subventions du Programme Bâtiments

• Il sert de base à la planification des travaux

• Il permet de justifier une augmentation de loyer après travaux (selon le droit du bail)

Coût indicatif d'un CECB Plus pour un immeuble de 20 logements : 5'000 à 12'000 CHF.

L'IDC à Genève : comprendre les seuils

L'indice de dépense de chaleur (IDC) est spécifique au canton de Genève. Il mesure la consommation effective de chaleur par m² de surface de référence énergétique.

Les seuils actuels :

• Moins de 450 MJ/m²·an : bâtiment performant, pas d'obligation

• 450 à 800 MJ/m²·an : recommandation d'optimisation

• Plus de 800 MJ/m²·an : obligation d'assainissement dans un délai de 10 ans

Pour les immeubles dépassant le seuil, le propriétaire doit établir un plan d'assainissement et engager les travaux. Le non-respect peut entraîner des sanctions.

Les subventions : un levier financier majeur

Les subventions disponibles en Suisse romande sont substantielles et peuvent couvrir 20 à 40 % du coût des travaux énergétiques.

Le Programme Bâtiments (fédéral)

Financé par la taxe CO₂, il subventionne :

• L'isolation de l'enveloppe (toiture, façade, sol) : 40 à 60 CHF/m² selon le canton

• Le remplacement des fenêtres : 70 à 100 CHF/m² de vitrage

• Le bonus rénovation globale : 30 à 40 CHF/m² de surface chauffée si le bâtiment atteint la classe CECB C ou mieux après travaux

Les programmes cantonaux

Genève (GEnergie) : subventions majorées pour le remplacement des chaudières fossiles, les pompes à chaleur, le raccordement au réseau de chauffage à distance.

Vaud : Programme cantonal avec des montants parmi les plus généreux de Suisse. Un bonus supplémentaire est accordé pour les rénovations globales.

Fribourg : programme cantonal avec subventions pour l'isolation et le remplacement de chauffage. Attention : les montants sont plafonnés par bâtiment.

Règle absolue : demander les subventions AVANT de commencer les travaux.

Tout travail engagé avant la confirmation de la subvention annule le droit à l'aide. C'est une erreur fréquente et coûteuse.

Stratégie de rénovation : par étapes ou globale ?

Pour un immeuble locatif, deux approches sont possibles :

La rénovation globale

Tous les travaux sont réalisés en une fois : isolation complète, remplacement du chauffage, fenêtres, ventilation.

Avantages :

• Meilleure performance énergétique finale

• Subventions plus élevées (bonus rénovation globale)

• Un seul chantier, un seul dérangement pour les locataires

Inconvénients :

• Investissement initial important

• Logements temporairement inhabitables selon l'ampleur des travaux

La rénovation par étapes

Les travaux sont planifiés sur 5 à 15 ans selon un calendrier priorisé.

Avantages :

• Investissement réparti dans le temps

• Les locataires restent en place

• Chaque étape peut être coordonnée avec le cycle de vie des équipements

Inconvénients :

• Performance globale moins optimale à court terme

• Subventions potentiellement moins élevées

La stratégie optimale dépend de la situation financière du propriétaire, de l'état du bâtiment et des contraintes locatives. Un CECB Plus permet précisément de comparer ces scénarios.

L'impact sur les loyers

En droit du bail suisse, les travaux de rénovation énergétique sont considérés comme des améliorations (plus-values). Le propriétaire peut répercuter une partie des coûts sur les loyers.

Les règles :

• Seule la part de plus-value est répercutable (pas la part d'entretien)

• Le calcul se base sur les coûts nets (après subventions)

• L'augmentation doit être proportionnelle et justifiée

• Les économies d'énergie compensent en partie la hausse pour les locataires

En pratique, un assainissement énergétique complet permet une augmentation de loyer de l'ordre de 5 à 15 %, tout en réduisant les charges des locataires. C'est un argument important pour la communication avec les locataires.

Coûts indicatifs pour un immeuble locatif

Pour un immeuble de 20 logements (environ 1'500 m² de surface chauffée) :

Isolation façade : 300'000 à 500'000 CHF

Remplacement fenêtres : 150'000 à 250'000 CHF

Nouveau système de chauffage (PAC) : 150'000 à 300'000 CHF

Isolation toiture : 80'000 à 150'000 CHF

Total rénovation globale : 700'000 à 1'200'000 CHF

Subventions estimées : 150'000 à 350'000 CHF (20 à 30 %)

Le retour sur investissement, en tenant compte des subventions, des économies d'énergie et de la hausse de loyer autorisée, se situe généralement entre 15 et 25 ans.

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