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Surélévation de maison : quand et comment gagner de l'espace par le haut

Réglementation, techniques, coûts : tout savoir sur la surélévation de maison en Suisse romande pour gagner de l'espace sans déménager.

Ouvrier en équipement de sécurité travaillant sur une charpente en bois sur un chantier de construction

Surélévation de maison : quand et comment gagner de l'espace par le haut

Votre maison est devenue trop petite, mais vous aimez votre quartier, votre terrain, votre emplacement. Déménager n'est pas une option. L'agrandissement au sol est limité par les distances aux limites ou le taux d'occupation. Reste une solution souvent méconnue : la surélévation.

Ajouter un étage — ou un demi-étage — permet de gagner de la surface habitable sans consommer de terrain supplémentaire. En Suisse romande, cette solution gagne en popularité, portée par la densification et l'augmentation du prix du foncier.

Qu'est-ce qu'une surélévation ?

La surélévation consiste à ajouter un ou plusieurs niveaux au-dessus de la construction existante. Plusieurs variantes existent :

La surélévation classique : ajout d'un étage complet avec une nouvelle toiture. C'est la solution qui offre le plus de surface.

L'aménagement des combles : transformation de l'espace sous toiture existant. Moins coûteux mais plus contraint en termes de hauteur et de surface.

La surélévation partielle : ajout d'un volume sur une partie seulement du bâtiment. Permet de créer une terrasse accessible sur le toit restant.

Le rehaussement de toiture : la toiture est relevée pour augmenter la hauteur des combles. Solution intermédiaire entre l'aménagement et la surélévation complète.

Les conditions pour surélever

Avant d'envisager une surélévation, plusieurs conditions doivent être vérifiées :

1. La réglementation d'urbanisme

C'est le point de départ. La possibilité de surélever dépend de :

• La hauteur maximale autorisée dans la zone concernée. C'est souvent le facteur limitant.

• L'indice d'utilisation du sol (IUS) ou le coefficient d'occupation du sol (COS), qui définit la surface constructible totale.

• Les distances aux limites — une surélévation peut modifier le gabarit et les distances réglementaires.

• Les règles de prospect — la distance entre bâtiments en fonction de leur hauteur.

Une étude de faisabilité permet de clarifier rapidement ce qui est possible sur votre parcelle.

2. La structure existante

Le bâtiment existant doit être capable de supporter le poids supplémentaire. Un ingénieur en structure évalue :

• La capacité portante des fondations

• La résistance des murs porteurs

• L'état général de la structure

Dans certains cas, des renforcements sont nécessaires (micropieux, reprise en sous-œuvre, renforcement des murs). Ces travaux ajoutent au coût mais restent généralement moins chers qu'une construction neuve.

3. L'accès et la desserte

Le nouvel étage doit être accessible. Cela implique souvent :

• La modification ou l'extension de l'escalier existant

• L'ajout éventuel d'un ascenseur (obligatoire pour les bâtiments de plus de 8 logements dans certains cantons)

• L'adaptation des réseaux (électricité, eau, chauffage, ventilation)

La réglementation par canton

Genève

Le canton de Genève encourage activement la surélévation, notamment en zone urbaine. La loi sur les surélévations d'immeubles (LSurI) facilite les projets en zone de développement. Les dérogations de hauteur sont possibles sous conditions. Un projet de surélévation à Genève nécessite l'autorisation du département du territoire et, souvent, l'accord de la commission d'architecture.

Vaud

Le canton de Vaud est plus restrictif. La surélévation est soumise aux règles communales de hauteur et de gabarit. Les Plans d'affectation communaux (PACom) définissent les possibilités. Certaines communes encouragent la densification et peuvent accorder des dérogations.

Fribourg

Le canton de Fribourg suit un cadre similaire à Vaud. Les possibilités dépendent du règlement communal d'urbanisme. La densification est encouragée dans les centres, ce qui peut faciliter les projets de surélévation.

Techniques de construction

Le choix de la technique de construction est déterminant pour le coût, les délais et le confort du chantier :

Structure bois (ossature ou CLT) : c'est la solution la plus courante pour les surélévations. Le bois est léger (5 fois moins lourd que le béton), ce qui réduit les contraintes sur la structure existante. La préfabrication en atelier permet un montage rapide sur site (quelques jours pour la structure). C'est aussi un matériau écologique avec un excellent bilan carbone.

Structure métallique : légère et résistante, elle permet de grandes portées sans appuis intermédiaires. Souvent utilisée pour les immeubles locatifs. Moins isolante que le bois, elle nécessite un traitement acoustique et thermique complémentaire.

Structure béton : rarement utilisée pour les surélévations en raison de son poids. Possible uniquement si les fondations et la structure le permettent.

En Suisse romande, la surélévation bois représente environ 80 % des projets. C'est la solution que nous recommandons dans la plupart des cas.

Coûts indicatifs

Les coûts d'une surélévation en Suisse romande varient selon la technique, la complexité et les finitions :

Aménagement de combles : 1'500 à 2'500 CHF/m²

Surélévation bois (un étage) : 2'500 à 4'000 CHF/m²

Surélévation métallique : 3'000 à 4'500 CHF/m²

Pour une maison individuelle, l'ajout d'un étage de 60 m² coûte typiquement entre 150'000 et 240'000 CHF, tout compris (structure, isolation, finitions, installations techniques, honoraires).

À titre de comparaison, construire la même surface en extension au sol coûterait 20 à 30 % de plus (fondations, terrassement, emprise au sol). Et acheter 60 m² supplémentaires dans le même quartier coûterait probablement bien davantage.

Délais typiques

• Étude de faisabilité : 2 à 4 semaines

• Projet et autorisation de construire : 4 à 8 mois

• Chantier (surélévation bois) : 3 à 5 mois

• Total, de la première idée à l'emménagement : 12 à 18 mois

L'avantage de la préfabrication bois : les éléments sont produits en atelier pendant la phase d'autorisation. Le chantier sur site est donc considérablement raccourci.

Les points d'attention

L'acoustique : le nouvel étage doit offrir une isolation phonique conforme aux normes SIA 181. C'est un point souvent sous-estimé.

L'esthétique : la surélévation doit s'intégrer harmonieusement au bâtiment existant et au contexte urbain. Les commissions d'architecture y sont attentives.

La vie pendant le chantier : avec une surélévation bois, la phase la plus perturbante (dépose de la toiture, montage de la structure) dure 1 à 2 semaines. Le reste du chantier génère peu de nuisances.

Les voisins : informez-les en amont. Un projet bien communiqué évite les oppositions.

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