Surelevation··18 min de lecture

Surélévation d'une villa en zone 5 à Genève : hauteur admise, surfaces autorisées, coûts 2026 et procédure

À Genève, la zone 5 limite la surface de plancher d'une villa à 25 % de la surface du terrain, et à 30 % avec un standard énergétique très performant. Un étage ajouté coûte 3'500 à 5'500 francs le mètre carré créé.

Croquis : une villa suisse dont la toiture est déposée, une grue posant un étage en ossature bois, un échafaudage le long de la façade et la maison voisine à distance
Croquis d'illustration

Une villa de 1968 à Champel, 780 mètres carrés de parcelle, deux niveaux habitables et une famille qui manque d'une chambre. Deux questions viennent alors : peut-on ajouter un étage, et combien coûte l'opération ? À Genève, un architecte répond à la première question sur documents, avant tout devis. Une surélévation de villa en zone 5, la zone résidentielle genevoise réservée aux maisons individuelles, dépend de trois chiffres : la surface de plancher encore disponible sur la parcelle, la hauteur admissible compte tenu de la distance aux limites voisines, et le standard énergétique que le bâtiment atteindra après travaux.

Les deux premiers chiffres sont fixés par la loi cantonale, parcelle par parcelle. Le troisième, le standard énergétique, ajoute des mètres carrés : passer du taux de base de 25 % au taux de 30 % augmente d'un cinquième la surface constructible, sans aucune dérogation. Nous reprenons ici les trois calculs avec les textes genevois en vigueur, la procédure de l'office des autorisations de construire, puis le budget 2026 d'un étage supplémentaire, poste par poste.

Ce que la zone 5 autorise à Genève : surface de plancher, hauteur et distances

En zone 5, la surface de plancher d'une construction ne peut pas dépasser 25 % de la surface de la parcelle, et le gabarit ne peut pas dépasser 10 mètres au niveau supérieur de la dalle de couverture. Ces deux plafonds figurent à l'article 59 alinéa 1 et à l'article 61 alinéa 4 de la loi sur les constructions et les installations diverses (LCI).

Cette zone couvre 41,68 km² dans le canton, soit 70,9 % des zones à bâtir ordinaires, d'après les périmètres publiés par le système d'information du territoire genevois. La commune qui en compte le plus est la Ville de Genève, avec 402 hectares, devant Vernier (384 ha), Chêne-Bougeries (334 ha) et Thônex (282 ha). En Ville de Genève, la zone 5 occupe plus de terrain que la zone 2, celle des immeubles urbains.

Trois précisions changent le résultat du calcul de surface. D'abord, seule la surface brute de plancher hors sol est comptée (art. 59 al. 2 LCI) : un sous-sol reste hors de ce calcul, dans la limite de 20 % de la surface de la parcelle fixée à l'alinéa 9. Ensuite, les constructions de peu d'importance, un couvert à voitures ou un abri de jardin par exemple, ne sont pas comptées (art. 59 al. 7 LCI). Enfin, le département peut renoncer à compter les combles dont la hauteur reste inférieure à 1,80 mètre (art. 59 al. 3 let. a LCI).

Quatre autres règles encadrent le volume ajouté. La toiture doit rester en terrasse ou présenter une pente inférieure à 35 degrés (art. 64 al. 1 LCI). La hauteur entre le plancher et le plafond, appelée vide d'étage, doit atteindre 2,40 mètres ; sous un plafond incliné qui suit la pente du toit, la surface habitable compte pour moitié entre 1,80 et 2,40 mètres, et pour rien en dessous (art. 77 LCI). La hauteur se mesure depuis le niveau moyen du sol adjacent, ce qui pénalise les terrains en pente (art. 63 al. 1 LCI). Une construction de zone 5 peut enfin comporter jusqu'à quatre logements (art. 75 al. 1 LCI).

Comment calculer la hauteur admissible à partir de la distance aux limites

Le plafond de 10 mètres ne s'applique presque jamais sur une parcelle de villa. La règle qui détermine la hauteur est l'article 69 alinéa 1 LCI : la distance entre la construction et la limite de propriété doit au moins égaler la hauteur du gabarit diminuée de 1 mètre. Une villa implantée à 5 mètres de son voisin est donc limitée à 6 mètres de haut, quelle que soit la taille du terrain. L'alinéa 2 ajoute un minimum absolu : jamais moins de 5 mètres de recul. Le long d'une voie publique ou privée, la règle change. La hauteur admise vaut la moitié de la distance entre alignements, à laquelle s'ajoute 1 mètre (art. 61 al. 2 LCI) : une rue de 12 mètres entre alignements autorise ainsi 7 mètres de hauteur.

Distance à la limite de propriétéHauteur maximale du gabaritVolume constructible correspondant
5 m (minimum légal)6 mrez plus un étage, toiture plate ou faible pente
6 m7 mrez plus un étage avec combles bas
7 m8 mrez plus deux niveaux à vide d'étage réduit
9 m10 mrez plus deux étages complets
12 m et plus10 m (plafond de l'art. 61 al. 4 LCI)rez plus deux étages complets
Hauteur admissible en zone 5 genevoise : la distance à la limite doit au moins égaler la hauteur du gabarit diminuée de 1 mètre (art. 69 al. 1 LCI)

Une dérogation existe : l'article 11 alinéa 4 LCI permet au département d'autoriser un dépassement de gabarit après consultation de la commission d'architecture, à condition que la surface libre du terrain préserve les voisins, que l'indice légal ne soit pas dépassé et que l'insertion dans le quartier le justifie. Demander ce dépassement fait basculer le dossier en demande définitive, avec publication et observations du voisinage. Nous avons détaillé le calcul des distances aux limites, à Genève et dans le canton de Vaud, dans un article dédié.

Les mêmes travaux dans le canton de Vaud et à Fribourg

Genève est le seul des trois cantons à fixer la densité, la hauteur et la distance dans sa loi cantonale. Le canton de Vaud renvoie ces trois paramètres au règlement communal des constructions, et ouvre en contrepartie l'article 80 alinéa 2 LATC, qui autorise l'agrandissement d'un bâtiment devenu non conforme aux règles de la zone, pour autant que les travaux n'aggravent pas l'atteinte à la réglementation. Fribourg délègue la densité et les gabarits au plan d'aménagement local (art. 124 al. 2 LATeC) mais garde la distance dans la loi.

RègleGenève (zone 5)Canton de VaudFribourg
Densité de la parcelle25 % de SBP, 27,5 % ou 30 % selon le standard énergétique (art. 59 al. 1 LCI)indice fixé par le règlement communal ; art. 80 al. 2 LATC pour les bâtiments non conformesindice fixé par le plan d'aménagement local (art. 124 al. 2 LATeC)
Hauteur maximale10 m au niveau supérieur de la dalle de couverture (art. 61 al. 4 LCI)fixée par le règlement communalfixée par le plan d'aménagement local
Distance à la limiteau moins la hauteur du bâtiment moins 1 m, jamais moins de 5 m (art. 69 LCI)fixée par le règlement communalau moins la moitié de la hauteur du bâtiment, jamais moins de 4 m (art. 132 al. 1 LATeC)
Publicité de la demandeAPA sans publication de la demande, sinon 30 jours d'observations après publication dans la FAO (art. 3 LCI)enquête publique de 30 jours (art. 109 al. 1 LATC)enquête publique de 14 jours, portée à 30 jours dans les cas prévus par le règlement (art. 140 al. 1 LATeC)
Surélever une maison individuelle : les règles comparées à Genève, dans le canton de Vaud et à Fribourg

Le rapport des surfaces en zone 5 : 25 %, 27,5 % ou 30 % de la parcelle

La surface constructible d'une parcelle de zone 5 dépend du standard énergétique atteint par le bâtiment après travaux. Le taux de base est de 25 %, il passe à 27,5 % pour une haute performance énergétique et à 30 % pour une très haute performance énergétique, et la dernière phrase de l'article 59 alinéa 1 LCI précise que ces taux valent aussi pour les constructions rénovées ou agrandies.

Sur la parcelle de 780 mètres carrés de notre villa de Champel, cela donne 195 mètres carrés de surface de plancher au taux de base, 214,5 au taux intermédiaire et 234 au taux le plus élevé. La villa existante compte deux niveaux de 95 mètres carrés d'emprise, soit 190 mètres carrés de plancher déjà construits. Le calcul laisse 5 mètres carrés à bâtir sans rien changer, 24,5 avec le standard intermédiaire et 44 avec le standard supérieur. Seul le taux de 30 % dégage la surface d'un étage habitable.

Surface de la parcellePlancher à 25 %Plancher à 27,5 % (HPE)Plancher à 30 % (THPE)Gain entre 25 % et 30 %
600 m²150 m²165 m²180 m²30 m²
780 m²195 m²214,5 m²234 m²39 m²
1'000 m²250 m²275 m²300 m²50 m²
1'200 m²300 m²330 m²360 m²60 m²
Surface brute de plancher hors sol autorisée en zone 5 selon l'art. 59 al. 1 LCI

Le règlement d'application de la loi sur l'énergie définit ces deux standards, canton par canton. Pour un bâtiment rénové, la haute performance correspond à Genève au label Minergie Rénovation ou, à défaut de label, à une chaleur d'origine non fossile et locale pour au moins 50 % des besoins, assortie de la classe C/B du CECB Plus (art. 12B al. 4 et 5 REn). La très haute performance demande le label Minergie-A ou Minergie-P, ou une chaleur non fossile à 80 % au moins avec la classe B/A du CECB Plus (art. 12C al. 3 et 4 REn). Nous avons décrit ces labels et leurs coûts dans notre guide du standard Minergie en rénovation.

Pour une villa des années soixante, atteindre la classe B/A signifie en pratique isoler l'enveloppe, remplacer les fenêtres et poser une pompe à chaleur. Ces travaux sont subventionnés et améliorent le confort, et ils ouvrent ici 39 mètres carrés de plancher supplémentaires sur une parcelle de 780 mètres carrés. Cette voie n'exige ni dérogation, ni préavis communal, ni taxe d'équipement.

Votre parcelle genevoise est-elle concernée ? En 45 minutes, gratuitement, un architecte HILO regarde votre terrain, calcule la surface de plancher qu'il vous reste et vous dit ce que la zone 5 autorise. Sans engagement : réservez un rendez-vous.

Densification accrue en zone 5 : 24 communes genevoises l'ont inscrite à leur plan directeur

Au-delà de 30 %, une seule voie existe : la dérogation de l'article 59 alinéa 4 LCI, qui permet d'atteindre 44 % de la surface du terrain, et 48 % avec le standard THPE. La lettre de cet alinéa vise les projets réalisés en ordre contigu ou sous forme d'habitat groupé, une forme d'implantation que la surélévation d'une villa isolée ne réalise pas. L'alinéa 4ter étend ces pourcentages aux constructions rénovées qui atteignent un standard énergétique, et le département apprécie chaque situation avec la commission d'architecture.

Depuis la modification du 1er octobre 2020, entrée en vigueur le 28 novembre 2020, ces dérogations sont réservées aux périmètres de densification accrue définis par un plan directeur communal approuvé par le Conseil d'État. Vingt-quatre communes genevoises disposent aujourd'hui d'une telle stratégie, de Vernier (approuvée le 25 mai 2022) à Troinex (25 mars 2026), en passant par Veyrier, Lancy, Collonge-Bellerive, Meyrin, Onex, Chêne-Bougeries, Thônex, Carouge, Plan-les-Ouates, le Grand-Saconnex, Bernex et Cologny. La Ville de Genève, première commune du canton par la surface de sa zone 5, n'en fait pas partie.

Dans une commune sans périmètre approuvé, l'article 59 alinéa 4bis LCI laisse au département la faculté d'accorder les mêmes dérogations aux mêmes conditions. Le préavis communal favorable n'est plus une condition légale pour les demandes déposées depuis le 1er janvier 2023, mais la commune reste consultée et la commission d'architecture évalue le projet. Les documents cantonaux expriment ces plafonds en indice : un indice de 0,25 correspond à 25 % de la surface du terrain. La marche à suivre cantonale, mise à jour en 2022, classe les secteurs en trois catégories : de 0,25 à 0,3, aucune dérogation n'est possible ; de 0,3 à 0,6, la dérogation de l'article 59 alinéa 4 LCI s'applique ; au-delà de 0,6, il faut modifier la zone.

L'article 59 alinéa 5 LCI soumet cette dérogation aux conditions des articles 3A à 3C de la loi générale sur les zones de développement, ce qui déclenche la taxe d'équipement : 47 francs par mètre carré de surface brute de plancher créée (art. 11 al. 2 RGZD). Sur 44 mètres carrés, la note atteint 2'068 francs, à ajouter aux émoluments. Un projet resté sous les 30 % n'y est pas soumis. Le mécanisme des bonus de densité, dans le canton de Vaud comme à Genève, fait l'objet d'un article séparé.

APA ou demande définitive : la procédure genevoise pour une surélévation de villa

Une surélévation qui respecte toutes les règles de la zone 5 peut suivre la procédure accélérée. L'article 3 alinéa 7 lettre a LCI la réserve aux travaux projetés en cinquième zone conformes au chapitre VI du titre II de la loi et pour lesquels aucune dérogation n'est sollicitée. Dès qu'une dérogation figure au dossier, la demande devient une demande définitive.

En procédure accélérée, la demande n'est pas publiée dans la Feuille d'avis officielle, le département peut renoncer au préavis communal, les instances consultées se prononcent en 15 jours et le délai de réponse est de 30 jours (art. 3 al. 7 et 9, art. 4 al. 1 LCI). En demande définitive, la requête est publiée, chacun peut consulter le dossier et déposer des observations pendant 30 jours, les préavis reviennent en 30 jours et le délai de réponse passe à 60 jours, prolongeable en cas de dérogation (art. 3 al. 1 à 3, art. 4 al. 1 et 2 LCI).

Le canton a enregistré 6'917 dossiers en 2025, dont 5'212 demandes en procédure accélérée et 1'415 demandes définitives. Quatre-vingts de ces dossiers mentionnent une surélévation, dont neuf portent sur une villa. Sur cinq ans, de 2021 à 2025, 52 dossiers de surélévation de villa ont été déposés dans tout le canton : 26 en procédure accélérée, 21 en demande définitive et 5 en demande préalable.

Sur ces 52 dossiers, 22 sont allés au bout et 20 ont été renvoyés à leur auteur. Ces 20 renvois s'expliquent par l'article 3 alinéa 10 LCI, qui organise la circulation des pièces. Les instances consultées disposent de 5 jours pour demander des pièces complémentaires, le requérant de 10 jours pour y répondre. Passé ce délai, le département renvoie la requête au requérant, voire la refuse.

Deux exigences de forme s'appliquent à toute demande en zone 5, dérogation ou non. Le dossier doit comporter la notice explicative du projet, le formulaire B06, et le calcul de la surface de pleine terre, le formulaire B08, en application de l'article 59 alinéa 3bis LCI. La marche à suivre cantonale fixe aussi un objectif d'arborisation d'un arbre pour 200 mètres carrés de surface de plancher construite. Quant à l'auteur des plans et à la direction des travaux, ils relèvent d'un mandataire inscrit au tableau des mandataires professionnellement qualifiés : l'adjonction d'un nouvel étage est nommément une transformation importante au sens de l'article 2 du règlement d'application de la LCI, et l'article 6 alinéa 1 LCI impose alors un mandataire qualifié.

L'article 4 alinéa 4 LCI prévoit enfin une sortie en cas de silence de l'administration. Si le département ne répond pas dans le délai légal, le requérant peut l'en aviser par lettre recommandée ; à défaut de décision dans les 10 jours qui suivent, il est en droit de commencer les travaux (art. 4 al. 4 LCI).

Ce que coûte une surélévation de villa en zone 5 à Genève en 2026

Une surélévation revient à 3'500 à 5'500 francs par mètre carré de plancher créé en travaux standard, c'est-à-dire sans reprise des murs porteurs ni des fondations. La fourchette monte à 4'500 à 7'000 francs lorsque la structure doit être renforcée. À Genève, les projets se situent dans le haut de ces deux fourchettes : la construction neuve y coûte déjà 3'500 à 4'500 francs le mètre carré, d'après notre relevé des coûts de construction.

Trois postes expliquent l'écart avec une construction neuve. Le premier est l'étude de la structure existante : un étage supplémentaire augmente les charges verticales sur les murs et les fondations, et il augmente les efforts horizontaux qu'un tremblement de terre exercerait sur le bâtiment. La norme SIA 269/8, en vigueur depuis le 1er décembre 2017, encadre cette vérification : l'ingénieur compare la résistance de la structure existante à celle qu'exigerait une construction neuve, et le rapport entre les deux doit atteindre au moins 0,25 pour une maison d'habitation. Le deuxième est la dépose de la toiture existante et sa reconstruction. Le troisième est l'installation de chantier sur une parcelle occupée, avec échafaudage, grue et protection provisoire contre la pluie.

PosteMontant 2026Base de calcul
Étude de faisabilité et diagnostic de structure3'000 à 8'000 CHFrelevé, sondages, vérification sismique SIA 269/8
Surélévation en ossature bois, clés en main3'500 à 5'500 CHF/m² de planchertravaux standard, sans renforcement lourd
Surélévation avec renforcement de structure4'500 à 7'000 CHF/m² de plancherreprise de murs porteurs ou de fondations
Reprise de fondations15'000 à 80'000 CHFselon le sol et l'année de construction
Rehaussement de la toiture par vérins30'000 à 150'000 CHFalternative à l'étage, levage limité à environ 1,5 m
Honoraires de mandataires15 à 20 % du coût des travauxarchitecte, ingénieur civil, physicien du bâtiment
Émoluments de l'autorisation250 CHF + 90 CHF par tranche de 10 m²art. 257 al. 1 et 3 RCI, tarif en vigueur depuis le 1.1.2025
Taxe d'équipement47 CHF/m² de plancher crééuniquement si le projet utilise l'art. 59 al. 4 LCI
Postes de coût d'une surélévation de villa à Genève, valeurs 2026

Deux dépenses apparaissent en fin de dossier. Le règlement relatif aux places de stationnement sur fonds privés impose deux places de voiture dès que la surface de plancher d'une maison individuelle dépasse 125 mètres carrés (art. 5 al. 3 RPSFP), et trois places de vélo abritées et sécurisées par 100 mètres carrés de plancher, à raison de 2 mètres carrés par place (art. 5 al. 8 RPSFP). Sur une parcelle déjà aménagée, loger ces stationnements oblige souvent à revoir les accès et une partie du jardin.

Une demande de renseignement auprès du département coûte 250 francs d'enregistrement et 1'250 francs de réponse forfaitaire (art. 257 al. 1 et 10 RCI). Pour un projet dont la faisabilité dépend d'une appréciation, par exemple un dépassement de gabarit fondé sur l'article 11 alinéa 4 LCI, ces 1'500 francs coûtent moins cher qu'un avant-projet complet déposé sans réponse préalable du département. Notre guide de la surélévation en Suisse compare par ailleurs les techniques constructives et leurs délais de chantier.

Scénario chiffré : 44 mètres carrés de surélévation sur une villa de Champel

Reprenons la villa du début, avec des chiffres complets. Parcelle de 780 mètres carrés en zone 5, commune de Genève, villa de 1968, emprise au sol de 95 mètres carrés, deux niveaux hors sol, 190 mètres carrés de surface de plancher existante, implantation à 7 mètres de la limite la plus proche. Le propriétaire veut deux chambres et une salle d'eau supplémentaires. Ce cas est un scénario de calcul, il ne décrit pas un projet réalisé.

Avec 7 mètres de recul, la hauteur admise atteint 8 mètres (art. 69 al. 1 LCI). Le rez et le premier étage existants occupent 5,20 mètres de cette hauteur, à raison de 2,60 mètres par niveau. Il reste donc 2,80 mètres, la hauteur d'un étage de plus. Le rapport des surfaces, en revanche, ne laisse que 5 mètres carrés de plancher au taux de base de 25 %. Le projet vise donc le standard THPE : isolation périphérique, fenêtres, pompe à chaleur et classe B/A au CECB Plus, ce qui porte le droit à bâtir à 234 mètres carrés et libère 44 mètres carrés de plancher, soit environ 36 mètres carrés habitables.

PosteMontantDétail
Surélévation en ossature bois, 44 m²198'000 CHF44 m² à 4'500 CHF/m², clés en main
Mise à niveau énergétique du volume existant125'000 CHFisolation, fenêtres, pompe à chaleur
Ingénieur civil et vérification sismique12'000 CHFcalcul de reprise des charges, SIA 269/8
CECB Plus et suivi énergétique2'500 CHFcertificat et rapport de conseil
Honoraires d'architecte50'000 CHFenviron 15 % du coût des travaux
Émoluments d'autorisation700 CHF250 CHF + 5 tranches de 10 m² à 90 CHF
Taxe d'équipement0 CHFaucune dérogation demandée
Totalenviron 388'000 CHFhors imprévus et aménagements extérieurs
Budget du scénario : 44 m² de surélévation sur une villa de Champel, valeurs 2026

Ces 44 mètres carrés ajoutent de la valeur au bien. Nous retenons pour la commune de Genève un prix de 13'000 francs par mètre carré habitable pour de l'ancien rénové, ce qui représente environ 570'000 francs pour la surface créée. L'écart entre 388'000 francs de dépense et 570'000 francs de valeur suppose deux conditions : un chantier qui tient son budget et un acheteur prêt à payer ce prix au mètre carré. La facture de chauffage baisse par ailleurs durablement, puisque le projet passe par une rénovation complète de l'enveloppe.

Un propriétaire qui envisage de louer l'étage créé doit connaître une règle genevoise particulière. Les villas de cinquième zone, même lorsqu'elles comportent plusieurs logements, ne sont pas assujetties à la loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d'habitation (art. 2 al. 2 LDTR). Combinée au maximum de quatre logements de l'article 75 alinéa 1 LCI, cette exclusion autorise la création d'un appartement indépendant à l'étage, loué au prix du marché, sans contrôle cantonal des loyers.

Surélever votre villa avec HILO : les étapes, de la première visite au dépôt

Voici l'ordre dans lequel nous traitons un projet de surélévation en zone 5, avec les délais genevois observés sur nos dossiers récents.

  • Relevé de la parcelle et extrait du registre foncier : surface exacte, servitudes, alignements et distances aux limites. Une demi-journée.
  • Calcul du rapport des surfaces existant et du solde disponible aux trois taux de l'article 59 alinéa 1 LCI, avec le gabarit admissible déduit des distances. Une semaine.
  • Vérification de la structure par un ingénieur civil, y compris le contrôle sismique selon la norme SIA 269/8, et sondage des fondations si le bâtiment date d'avant 1970. Deux à trois semaines.
  • Arbitrage du standard énergétique visé, chiffré : surface gagnée d'un côté, coût de la rénovation de l'enveloppe et subventions de l'autre.
  • Avant-projet, images du volume ajouté et discussion avec la commune, avant tout dépôt. La marche à suivre cantonale recommande explicitement ce contact préalable.
  • Choix de la procédure : accélérée si aucune dérogation n'est nécessaire, définitive dans le cas contraire. Demande de renseignement à 1'500 francs si un point reste ouvert.
  • Dossier complet avec notice explicative B06, calcul de pleine terre B08, plan des aménagements paysagers et formulaire de taxe d'écoulement. Trois à quatre semaines.
  • Dépôt, suivi des préavis et réponse aux demandes de pièces dans le délai de 10 jours de l'article 3 alinéa 10 LCI. Décision attendue en 30 jours en procédure accélérée, 60 jours en demande définitive.

Comptez quatre à six mois entre la première visite et l'autorisation en procédure accélérée, huit à douze mois lorsqu'une dérogation est demandée et qu'un recours de voisinage reste possible pendant 30 jours après la publication. Le chantier d'un étage en ossature bois dure ensuite trois à cinq mois, dont deux à trois semaines de toiture ouverte sous protection provisoire.

Quatre questions fréquentes sur la surélévation d'une villa à Genève

Quelle est la hauteur maximale d'une villa en zone 5 ?

Dix mètres au niveau supérieur de la dalle de couverture (art. 61 al. 4 LCI). Cette hauteur suppose toutefois que la construction se tienne à 11 mètres au moins de chaque limite de propriété, puisque l'article 69 alinéa 1 LCI exige une distance au moins égale à la hauteur diminuée de 1 mètre. Sur la majorité des parcelles de villas genevoises, la hauteur admise se situe entre 6 et 8 mètres.

Faut-il une autorisation pour surélever sa maison ?

Oui. L'article 1 alinéa 1 lettre b LCI soumet à autorisation toute modification, même partielle, du volume d'une construction. L'alinéa 2 dispense les travaux intérieurs d'une villa, mais uniquement tant qu'ils ne modifient pas la surface habitable, ce qui n'est jamais le cas d'un étage ajouté ou de combles transformés en chambres.

Peut-on créer un appartement séparé dans la surélévation ?

Oui, dans la limite de quatre logements par construction (art. 75 al. 1 LCI). Les villas de cinquième zone échappent à la LDTR, y compris lorsqu'elles comportent plusieurs logements (art. 2 al. 2 LDTR), donc le loyer n'est pas contrôlé. Il faut en revanche vérifier les places de stationnement exigées par l'article 5 du RPSFP et la conformité des accès.

Peut-on se passer d'architecte pour une surélévation ?

Non. L'adjonction d'un nouvel étage est classée parmi les transformations importantes par l'article 2 du règlement d'application de la LCI, et l'article 6 alinéa 1 LCI réserve la direction de ces travaux à un mandataire inscrit au tableau des mandataires professionnellement qualifiés. Les plans d'une demande publiée doivent également être signés par un mandataire inscrit (art. 2 al. 3 LCI).

La famille de Champel a sa réponse. Un recul de 7 mètres lui donne 8 mètres de hauteur, donc la place d'un étage. Le standard énergétique supérieur lui ouvre 44 mètres carrés de plancher, contre 5 sans travaux sur l'enveloppe. Le budget se situe autour de 388'000 francs, pour une valeur créée d'environ 570'000 francs. Le relevé de la parcelle, le calcul du solde de plancher et la vérification du gabarit demandent une semaine de travail sur documents.

HILO Architecture accompagne les propriétaires genevois de la faisabilité au permis et au chantier. Vous pouvez découvrir nos prestations ou fixer un rendez-vous de 45 minutes pour passer votre parcelle au crible : surface disponible, hauteur admissible, procédure et budget.

Article à jour au 22 septembre 2026. Les références légales citées correspondent aux textes genevois, vaudois et fribourgeois en vigueur à cette date.